Thèse soutenue

Comment devient-on enseignant ? : les trajectoires de socialisation professionnelle des professeurs des écoles

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Auteur / Autrice : Benjamin Gesson
Direction : Olivier Cousin
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sociologie
Date : Soutenance le 04/11/2015
Etablissement(s) : Bordeaux
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sociétés, politique, santé publique (Talence, Gironde ; 2011-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre Émile Durkheim - Science politique et sociologie comparatives (Pessac, Gironde)
Jury : Président / Présidente : Patrick Rayou
Rapporteurs / Rapporteuses : Pierre Périer, Nicolas Sembel

Résumé

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Cette thèse propose une analyse de la socialisation professionnelle des enseignants en adoptant un cadre théorique et conceptuel interactionniste, et en s’appuyant sur des méthodes empiriques variées (observations, entretiens individuels et collectifs, suivi de cohorte qualitatif). Il en ressort quatre principaux résultats : 1) la formation initiale « marque » profondément les manières d’agir, de faire et de penser le travail des futurs enseignants ; ils y acquièrent des dispositions (langagières, temporelles, rhétoriques ou encore relationnelles) qui symbolisent l’acte de « fabrication sociale » par lequel ils sont passés. 2) Au cours de la formation initiale, les futurs enseignants sont à l’origine d’une « culture étudiante » qui vise à négocier, traduire ou transgresser les normes formelles et officielles véhiculées par l’instance de socialisation. De sorte que les normes informelles ou officieuses produites au sein de cette sous-culture possèdent une influence majeure sur la compréhension du processus de socialisation professionnelle. 3) Il existe une pluralité d’identités professionnelles adoptées par les enseignants au moment de leur entrée dans la carrière, qui se forment sur la base de la trajectoire d’accès au métier, du rapport à la formation et du rapport au travail. Loin de la figure désenchantée du jeune enseignant en souffrance, on découvre alors que le début de carrière peut se révéler épanouissant et source d’accomplissement. 4) Trois formes de carrières et d’identités professionnelles se dégagent de notre enquête diachronique : pragmatique, par « frustration relative » et autonome. En outre, l’identité professionnelle adoptée lors des premières années d’enseignement a tendance à persister dans le temps, révélant la force structurante de la dimension objective des carrières enseignantes (gradations pré-déterminées de l’avancement statutaire et de la mobilité professionnelle, contraintes liées à la séparation des sphères professionnelles et privée…). La thèse conclue sur la nécessité de questionner une vision fonctionnaliste de la formation initiale et une conception administrative de la carrière enseignante actuellement dominantes.