Thèse soutenue

L'inscription de la religion dans "La Symphonie pastorale" (Gide), "Journal d'un curé de campagne" (Bernanos), "L'Aventure ambigue" (Kane) et "La Flèche de Dieu" (Achebe)

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Auteur / Autrice : Cheikh Diop
Direction : Eric BenoitMosé Chimoun
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Littératures française, francophones et comparée
Date : Soutenance le 16/07/2015
Etablissement(s) : Bordeaux 3 en cotutelle avec Université de Saint-Louis (Sénégal)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Montaigne-Humanités (Pessac, Gironde)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Textes, littératures, écritures et modèles (Pessac, Gironde)
Jury : Président / Présidente : Catherine Mazauric
Examinateurs / Examinatrices : Eric Benoit, Mosé Chimoun, Pierre Halen
Rapporteurs / Rapporteuses : Catherine Mazauric, Pierre Halen

Résumé

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A la lecture des récits de Bernanos, Gide, Kane, Achebe inscrits dans notre corpus, il ressort que l’imagerie religieuse offre un tableau composite. En effet, s’appuyant sur un ensemble de représentations, la religion varie selon les époques et les sociétés. Bien que considérant le divin comme entité influente, elle intègre des croyances et théogonies locales. Par ailleurs, la divinité ne conditionne pas toujours l’appartenance religieuse car « pas plus qu’il n’y a de religion sans société, il n’y a pas de société sans religion: une société athée serait sans doute une société sans dieu(x), mais il ne s’ensuit pas qu’elle serait sans religion ni croyance ». Il est notable que dans ces textes, l’évocation de la religion, par-delà les marques de ferveur qu’elle est susceptible de traduire, pose un problème existentiel. Plus qu’un rapport entre le divin et l’humain, c’est l’avènement d’une conscience évolutive chez l’homme dans un univers où les liens qui ont toujours forgé l’unité collective tendent à se délier. Autrement dit, la religion se veut le reflet d’un faisceau de valeurs sur la base desquelles s’inspirent les conduites humaines. Et c’est œuvrant à l’encontre d’une telle prescription que le malaise s’est instauré chez la plupart des personnages des romans. Au demeurant, de l’approche de la religion résulte le constat à la fois séduisant et décevant qu’offre l’image d’un univers pris dans le tumulte des exigences sociétales. Au regard des fictions, il s’avère que la nature du sacré émeut et se meut à travers les peuples mais, aussi, s’estompe plus qu’elle ne s’affirme, se dévoie plus qu’elle ne s’enracine. Bien qu’adossé au point de repère de la foi, l’homme est de plus en plus gagné par le vertige. Et ce malaise s’universalise car « une religion est un phénomène qui se vit collectivement ». Autrement dit, les textes dévoilent la dérive de l’être aux prises avec le mal. Mais plus qu’une lutte contre autrui, c’est plutôt l’expression d’un combat acharné contre soi afin de renaître à la première splendeur. Il est clair que l’univers des récits est peuplé d’individus dont la voix porte l’écho du divin. Une perpétuelle cohabitation entre le bien et le vice, ainsi s’établit la condition humaine telle qu’elle est présentée dans les romans. Car, que peut bien révéler le journal d’un curé, arborant la flèche de Dieu et faisant face aux démons, si ce n’est la symphonie d’une aventure ambiguë voire périlleuse.