Expertises et addictions : trajectoires de déprise à l'épreuve des groupes d'entraide et des centres de soin en addictologie (CSAPA)
| Auteur / Autrice : | Line K. Pedersen |
| Direction : | Dominique Jacques-Jouvenot |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sociologie |
| Date : | Soutenance le 24/09/2015 |
| Etablissement(s) : | Besançon |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Ecole doctorale Langages, Espaces, Temps, Sociétés (Besançon ; 1991-2016) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire de Sociologie et d'Anthropologie (Besançon) |
| Jury : | Président / Présidente : Florent Schepens |
| Examinateurs / Examinatrices : Dominique Jacques-Jouvenot, Florent Schepens, Marc-Henry Soulet, Jean-Yves Trépos, Pascal Gache | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Marc-Henry Soulet, Jean-Yves Trépos |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Ce travail de thèse se focalise sur des trajectoires des personnes en prise avec des produitspsycho-actifs inscrites dans une démarche d'arrêt ou de diminution des consommations d'alcool ou desdrogues illicites. À partir d'une posture ethnographique, à la fois compréhensive et critique, nousavons exploré la construction de la « sortie » des addictions au regard des contraintes morales, socialeset institutionnelles. En suivant ces trajectoires de déprise, nous avons pu questionner le passage desaddicts dans les Centres de Soin, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA), etles groupes d’entraide (Vie Libre et Narcotiques Anonymes). Ces deux entités se posent commeexperts de la question addictologique. Les premiers par leur spécialisation professionnelle et lesseconds par leur expérience intime de l'addiction. Simultanément, l'addict est, dans les deuxdispositifs, considérée comme l'experte d'elle-même, en ce sens qu'elle doit se connaître, et que c'estpar ce savoir biographique qu'elle peut en sortir. Le travail biographique que les « addicts » déploientpermet une mise à distance de l'expérience de l'emprise. Il s'agit de constituer un jugement moral surses comportements passés sous l'effet des produits. Le processus de déprise peut être considéré commeun processus de subjectivation permettant aux individus de « recoller les morceaux » de leur vie etredevenir soi. C'est seulement au moment de la mise en récit devant les pairs ou les professionnels quel'on peut parler d'une rupture biographique. En ce sens les entités médiatisent les récits des addicts,parce qu'elles participent à déterminer les manières de se dire. La narration est ainsi une conditiond'entrée dans la Cité. Il ne faut donc pas occulter l'aspect contraignant de ce processus, en ce sens quel'obligation de se raconter participe aussi à construire un sujet moral capable de s'auto-contrôler.