Pour en finir avec l'interprétation : usages des techniques d'interprétation dans les jurisprudences constitutionnelles française et allemande

par Antoine Basset

Thèse de doctorat en Droit public

Sous la direction de Pierre Brunet.

Soutenue le 04-12-2014

à Paris 10 , dans le cadre de École Doctorale Droit et Science Politique (Nanterre) .


  • Résumé

    Les problèmes que pose, traditionnellement, la notion d'interprétation en droit (l'idéologie du juge comme bouche de la loi) sont encore multipliés lorsque l'on se place au niveau constitutionnel : ce qui est généralement considéré comme les techniques permettant de garantir la juridicité des interprétations de la loi exposent d'autant plus visiblement leurs lacunes, qu'il n'existe plus de norme supérieure donnant l'apparence de les garantir. En théorie, certains courants ont cherché, après Kelsen, à fonder rationnellement l'interprétation, afin de pouvoir juger de sa vérité. A chaque fois, cependant, il leur a été nécessaire de se rattacher à des éléments externes en droit et dont le caractère de vérité pouvait, de plus, être contesté. A l'opposé, le réalisme juridique se contente d'affirmer le pouvoir créateur du juge, et sa liberté d'interprétation ; ce faisant, pourtant, il ne peut pas rendre compte du processus interprétatif en fait (comment le juge décide-t-il lorsqu'il n'a pas de préjugé ?). La thèse cherchera donc, au moyen d'une étude empirique, à dégager des éléments qui pourraient servir de futurs développements théoriques sur la question de l'interprétation. Pour ce faire, elle mettra en œuvre des outils tirés des sciences littéraire, linguistique et sociologique et construira à partir de là une perspective autre que celle généralement proposée par les travaux sur l’interprétation. Afin d’asseoir plus solidement ses développements, ce travail adopte une méthode comparatiste (France – Allemagne) : les deux cours, fort éloignées à l'origine, mais en train de se rapprocher, ne peuvent manquer d'offrir les tensions nécessaires.

  • Titre traduit

    Enough interpretation : how french and german constitutional courts use methods of interpretation


  • Résumé

    When one admits with legal realism that methods of interpretation cannot give the one good answer to a juridical case, and thus cannot assure that the judge is bound to the limits the separation of powers imposes on him, it becomes possible to change the perspective on these techniques. They now can be regarded as revealing the institutional constraints which affect the judge. The first part of this dissertation examines how the judge is writing the constitution. Based on G. Genette’s theories on hypertextuality (hypertextualité) it is possible to describe two different types of interpretation (imitation and transposition). The different interpretational choices made by the French and German judges seem to confirm the general impressions: the German Federal constitutional court (Bundesverfassungsgericht) has a bigger power on shaping the constitution than the French Conseil constitutionnel. The second chapter demonstrates how this difference has a bearing on the two court’s institutional actions. The German judge is more straightforward when it comes to dealing with the legislator, deliberately using the instruments his position as a constitutional judge are offering. The French judge, on the other hand, seems more reluctant in this respect. Vis-à-vis the other judges, the constitutional judge (supported by more direct means of action, such as the constitutional complaint) can take a more and more preponderant position, corresponding to his understanding of the constitution. In France however, the lack of constraining procedures between the different courts results in a system of negotiations – oftentimes to redound to the normal judge’s advantage. Both constitutional courts are exposed to a similar constraint (the articulation between existing juridical system and the system of the constitution). The methods of interpretation are useful to them in order to bring different answers.


  • Résumé

    Einmal angenommen, wie im Legal realism, dass die Auslegungsmethoden nicht zur einzigen richtigen Lösung eines Falles führen und daher nicht für die richterliche Beachtung der von einem System der Gewaltenteilung gesetzten Schranken bürgen können, wird ein Perspektivenwechsel möglich und aufschlussreich. Somit können die Auslegungsmethoden als Ausdruck der institutionellen Zwänge, denen die Richter ausgesetzt sind, betrachtet werden. Der erste Teil dieser Dissertation beschäftigt sich damit, wie die Verfassung durch den Richter geschrieben wird. Anhand der von G. Genette entwickelten Hypertextualitätstheorie werden zwei allgemeine Auslegungsmodelle (Mimesis und Übertragung) ausgearbeitet. Dabei wird gezeigt, dass der vom deutschen und französischen Richter jeweils unterschiedlich gewählte Pfad einen ersten Eindruck bestätigt: das Bundesverfassungsgericht ist mächtiger wenn es darum geht, die Verfassung zu gestalten. Gleichzeitig hat jener Unterschied eine spürbare Wirkung auf das institutionelle Handeln der Gerichte, worauf im zweiten Teil der Arbeit eingegangen wird. Dem Gesetzgeber gegenüber wagt das deutsche Gericht mehr und ist freimütiger als das französische Gericht mit den ihm (als Verfassungsgericht) genauso wie seinem Homolog in Paris zur Verfügung stehenden Instrumenten. Auch nimmt er in seinen Beziehungen zu den anderen Richtern er eine fast überragende Stellung ein (was Verfahren wie die Verfassungsbeschwerde erleichtern), die seinem Verständnis des Grundgesetzes entspricht. Im Gegenteil dazu führt in Frankreich die strenge Trennung zwischen den drei hohen Gerichten zu einem System der Verhandlung, meistens zugunsten des Fachrichters. Anhand der Auslegungsarbeit beantworten somit beide Gerichte die Frage der Eingliederung der herkömmlichen Rechtsordnung und der Verfassungsordnung unterschiedlich.


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