Thèse soutenue

Francis Ponge : un atelier pratique du "moviment"

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Auteur / Autrice : Mami Ayabé
Direction : Jean-Michel Maulpoix
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Littératures française et francophone
Date : Soutenance le 23/09/2014
Etablissement(s) : Paris 10
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Lettres, langues, spectacles (Nanterre, Hauts-de-Seine ; 2000-....)
Jury : Président / Présidente : Dominique Viart
Examinateurs / Examinatrices : Jean-Michel Maulpoix, Dominique Viart, Benoît Conort, Jean-Marie Gleize
Rapporteurs / Rapporteuses : Benoît Conort, Jean-Marie Gleize

Résumé

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Resitué dans le contexte original, L’Écrit Beaubourg, le mot «moviment » s’avère emblématique des pratiques poétiques de Ponge. ll incarne en un seul mot deux éléments fondamentaux 1 le jeu de décalage et de rapprochement des choses différentes, et la matérialité du moyen d’expression. Sous le principe de l’éloge paradoxal, ces caractéristiques permettent la synthèse textuelle des éléments contradictoires, notamment le temps et l’espace, l’abstrait et le concret. Ajouté à cette animation intellectuelle, les textes se meuvent dans leur composition comme un corps organique, en tant que composants fragmentaires de l’œuvre du poète. Dans les écrits sur l’art, Ponge procède également à l’éloge paradoxal en corrélation avec son appréhension de l’art plastique qui transforme l’émotion temporelle et personnelle en matière substantielle et communicative. C’est justement dans ces «poèmes de circonstance>> que se manifestent ses poétiques les plus contradictoires, celle de l’abstraction concrète et concise, et celle de la monumentalité dans le mouvement. Entre l’épaisseur des mots et la surface plane de la page, le poète les met en œuvre particulièrement dans ses journaux poétiques sur les objets d’espace 1 La Fabrique du pré et La Table. Suggérant la forme musicale « moment », et la forme spatiale parallélépipédique par le segment « ment », le « moviment » concrétise la poésie à trois dimensions, qui, à l’instar du Centre Pompidou, conserve la mémoire collective langagière en la renouvelant sans cesse par le biais de l’incitation à la mise en pratique de la parole.