Thèse soutenue

L'Uruguay ou le rêve d'un extrême-occident : mémoires et histoire du malencontre indien.

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Auteur / Autrice : Dario Asenjo Arce
Direction : Thérèse Bouysse-Cassagne
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Anthropologie
Date : Soutenance le 09/01/2014
Etablissement(s) : Paris 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Europe latine et Amérique latine (Paris ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherche et de documentation sur les Amériques
Institut : Institut des Hautes Études de l'Amérique latine (Université Paris III)
Jury : Président / Présidente : Antoinette Molinié Fioravanti
Examinateurs / Examinatrices : Antoinette Molinié Fioravanti, Olivier Compagnon, Joël Candau, David Dumoulin Kervran

Résumé

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L’Uruguay est aujourd’hui le seul pays d’Amérique du Sud à ne pas reconnaître d’indiens sur son territoire, et cela bien qu’avant 1830, date de la fondation de l’État, de nombreuses ethnies (guaraníes, charrúas, chanáes, guenoas, yaros, biguaes) fussent présentes sur son territoire. Cependant, depuis1980, des groupes se font entendre qui revendiquent leur ascendance et même leur identité charrúa.Cette ethnie, selon l’Histoire officielle aurait disparu au cours du XIXº siècle. Le massacre de Salsipuedes, qui mit fin à l’existence de ce groupe social, culturel et politique en 1831, fut en effet, la première opération militaire menée par l’Etat-nation uruguayen, une année après son indépendance.Cette thèse se propose d’analyser la relation entre État et Indien, en essayant de comprendre les places respectives de l’oubli et des constructions mémorielles tout à la fois chez les individus (terrain ) etdans l’Histoire officielle (archives). L’image de l’indien s’est construite à la fin du XIX siècle dans l’art, l’histoire et la littérature, à partir de projections européennes et créoles, au service d’un nationalisme qui dénonçait avec force le métissage, et ignorait à la fois les dernières communautés indiennes du territoire national. Une fois l’indien occulté, l’utopie du creuset des races, le melting pot uruguayen, pouvait alors proposer un métissage exclusivement intra-européen, et une nouvelle identité uruguayenne promue par l’État-nation.Avec les années 60, de nouveaux discours identitaires apparurent malgré tout. Passés sous silence pendant la dictature (1973-1985), ils se transformèrent en revendications identitaires ethniques indiennes, profitant alors d’un nouveau contexte politique et mémoriel. A travers l’observation des processus en jeu dans l’irruption des groupes néo-charrúas nous verrons que l’objet de l’occultation historique dépasse les seuls Indiens.