Connaître par les Nombres : cultures et écritures comptables au prieuré cathédral de Norwich (1256-1344)
| Auteur / Autrice : | Harmony Dewez |
| Direction : | Laurent Feller, Phillipp R. Schofield |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Histoire médiévale |
| Date : | Soutenance le 28/04/2014 |
| Etablissement(s) : | Paris 1 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale d'Histoire de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (Paris ; 1992-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Equipe de recherche : Laboratoire de médiévistique occidentale de Paris (1998-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Monique Bourin |
| Examinateurs / Examinatrices : Laurent Feller, Phillipp R. Schofield | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Pierre Chastang, Paul Dean Adshead Harvey |
Mots clés
Résumé
Le développement des comptabilités monastiques au XIIIe et au début du XIVe siècle s’inscrit dans le phénomène d’essor de l’écrit qui accompagne les transformations sociales du Moyen Âge central. Les comptes du prieuré cathédral de Norwich se décomposent en plusieurs séries de comptes manoriaux – les comptes des domaines – et de comptes d’obédienciers – les comptes « domestiques » - qui permettent, à travers une analyse fine de l’organisation et de l’évolution des comptes, d’étudier la façon dont le recours au nouveau medium de l’écrit a catalysé une formalisation et une désambiguïsation des termes de la comptabilité et, à travers cela, a contribué à la naissance d’une pensée comptable. Le rôle de la hiérarchie ecclésiastique dans la diffusion et l’imposition de normes comptables a été réévalué, ainsi que la spécificité des pratiques monastiques, influencées par le développement concomitant de la fiscalité royale et pontificale sur les revenus monastiques. Enfin, tout au long du XIIIe et de la première moitié du XIVe siècle, les moines élaborent différents types de calculs agricoles permettant de contrôler les pratiques des officiers manoriaux à travers une meilleure connaissance des valeurs de l’agriculture. Le développement de ces valeurs reflète une logique économique médiévale, qui repose sur la comparaison entre des valeurs réelles et des valeurs de référence. La notion de valeur est centrale, à la fois pour la comptabilité seigneuriale et pour le calcul des assiettes fiscales, d’où des transferts notionnels entre les pratiques administratives seigneuriales et la mise en place d’une fiscalité institutionnelle.