Thèse soutenue

Coréens du Japon et Japonaises partis vivre en Corée du Nord (1953-2001) – Contribution à l’analyse de la politique étrangère du Japon –

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Auteur / Autrice : Adrien Carbonnet
Direction : Christian GalanEric Seizelet
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Science politique et relations internationales
Date : Soutenance le 12/09/2014
Etablissement(s) : Paris, INALCO
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Langues, littératures et sociétés du monde (Paris)
Jury : Examinateurs / Examinatrices : Christian Galan, Eric Seizelet, Karoline Postel-Vinay, Dimitri Vanoverbeke, James Arthur Ainscow Stockwin
Rapporteurs / Rapporteuses : Karoline Postel-Vinay, Dimitri Vanoverbeke

Résumé

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Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les Coréens représentaient la première communauté étrangère au Japon. Beaucoup d’entre eux y subissait des discriminations et vivaient dans la précarité, voire dans l’indigence. Dans la deuxième moitié des années 1950, alors que les dirigeants nord-Coréens se proposaient de les accueillir, le rapatriement en Corée du Nord représenta pour nombre de ces Coréens l’espoir d’un avenir meilleur. De 1959 à 1984, plus de 93000 personnes – dont environs 2000 Japonaises mariées à des Coréens – gagnèrent le Nord du 38e parallèle. Toutefois, le gouvernement japonais, confronté dès 1974 aux demandes des familles de ces Japonaises, tenta d’obtenir des informations sur leur sort et leur retour au Japon. Le présent travail établit une cartographie des acteurs impliqués dans le processus décisionnel autour des rapatriements vers la Corée du Nord, mais également dans les négociations touchant à la question de ces femmes japonaises. Plus particulièrement, cette étude met en lumière le rôle d’ « acteurs subsidiaires » – notamment la Société de la Croix-Rouge du Japon et les parlementaires nationaux – intervenant là où les marges de manœuvre du gouvernement sont restreintes en l’absence de relations diplomatiques officielles entre le Japon et la Corée du Nord. Cette contrainte institutionnelle a eu pour conséquence l’investissement des champs d’action traditionnellement dévolus au Ministère des Affaires étrangères (négociation, protection de ses nationaux à l’étranger, renseignement) par ces « acteurs subsidiaires » dont l’analyse permet d’établir une image à la fois plus complète et moins stato-Centrée de la politique étrangère du Japon.