Thèse soutenue

L'Inde et sa Marine au XXIe siècle

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Auteur / Autrice : Iskander Rehman
Direction : Christophe Jaffrelot
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Science politique
Date : Soutenance le 17/12/2014
Etablissement(s) : Paris, Institut d'études politiques
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de Sciences Po (Paris ; 1995-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherches internationales (1952-.... ; Paris)
Jury : Président / Présidente : Jean-Luc Racine
Examinateurs / Examinatrices : Christophe Jaffrelot, Harsh V. Pant, Varun Sahni
Rapporteurs / Rapporteuses : Jean-Luc Racine, Harsh V. Pant

Résumé

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La réorientation stratégique des États-Unis vers l’espace indo-pacifique a été accompagnée par un regain d’intérêt pour ce qui est des questions maritimes. A la différence des théâtres principaux de la Guerre Froide, la géographie stratégique et économique de la région est fortement marquée par ses larges océans, ses détroits congestionnes, et ses eaux contestées. En conséquent, les profils nivaux des deux grandes puissances émergentes asiatiques, l’Inde et la Chine, ont attire une quantité non négligeable de travaux académiques. Cependant, alors que diverses études se sont focalises sur le rôle de la marine chinoise en tant que composante d’une stratégie militaire plus globale, jusqu’a récemment la majorité des explorations détaillées de la puissance navale indienne se sont penches sur la marine indienne elle-même, plutôt que sur la question de comment la quête de la puissance maritime s’articulait au sein d’une “grande stratégie” (grand strategy) plus compréhensive. Se basant sur plusieurs années de travail de terrain en Inde, en Chine, au Sri Lanka, ainsi qu’aux États-Unis, et plus d’une centaine d’entretiens avec des officiers de la marine indienne, ainsi qu’avec des responsables gouvernementaux ou militaires indiens, chinois, pakistanais, ou américains ; cette thèse vise a donner lieu a une meilleure compréhension-a la fois plus nuancée et aboutie-des tenants et des aboutissants de la modernisation navale indienne. Pour être plus précis, cette thèse tente de fournir une réponse a un paradoxe particulièrement troublant: la non juxtaposition, ou le « désalignement » (misalignment) constant entre la stratégie militaire indienne et la géographie maritime du pays. En effet, la position enviable de la péninsule indienne au centre de l’océan indien devrait, a priori, suggérer une prédisposition naturelle pour l’exercice de la puissance maritime. Depuis l’Independence, cependant, la marine indienne, d’une manière consistante, a été la moins bien financée des branches militaires indiennes, et a fréquemment lutté pour remplir un éventail exigeant de missions avec seulement des ressources très limitées. Il est certes vrai que, depuis deux décennies a peu près, le trajectoire de la marine indienne a pris un virage que l’on pourrait qualifier de positif, a la fois en terme de financement, et en terme d’acquisitions. Cela étant dit, la branche dite « Cendrillon » (Cinderella Service) continue de capter la portion la plus infime du budget de défense indien, qui persiste a nettement favoriser une armée indienne particulièrement lourde en effectifs humains. En 2013, par exemple, la marine indienne a seulement reçu 16 % du budget de défense, alors que l’armée a perçu a peu près 58 %, et l’armée de l’air 26%. Depuis plus d’une demie-décennie, des officiers de marine ont affirme a de multiples reprises, au cours de conversations avec cet auteur, que la part de budget de la marine s’élèverait éventuellement a 25 % du budget global, seulement pour voir leurs espoirs brises. La question fondamentale, donc, a laquelle cette thèse s’évertue a répondre est la suivante : cette tendance persistera t’elle, ou peut-on s’attendre a ce qu’une combinaison de facteurs provoque une refonte graduelle de la stratégie militaire indienne, ainsi que du schéma d’acquisitions et financement de son outil militaire ?