Thèse soutenue

Au bonheur des rencontres : sexualité, classe et rapports de genre dans la production et l’usage des sites de rencontres en France

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Auteur / Autrice : Marie Bergström
Direction : Michel Bozon
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sociologie
Date : Soutenance le 30/09/2014
Etablissement(s) : Paris, Institut d'études politiques
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de Sciences Po (Paris ; 1995-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherche sur les inégalités sociales (Paris)
Jury : Président / Présidente : Olivier Martin
Examinateurs / Examinatrices : Michel Bozon, Catherine Marry, Dominique Pasquier, Agnès Fine, Éric Widmer
Rapporteurs / Rapporteuses : Catherine Marry, Dominique Pasquier

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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La fréquentation des sites de rencontres est désormais une pratique répandue en France et un objet de débat important. À partir d’une recherche empirique originale qui croise des enquêtes qualitatives et quantitatives, cette thèse propose une sociologie de ces services de rencontres sur Internet. Se plaçant d’abord du côté de la production des sites, elle montre la constitution d’un nouveau marché économique – celui de la rencontre – dont elle dissèque les différentes logiques. Elle explique en particulier la forte standardisation des plateformes, et la diffusion plus récente de sites spécialisés, comme autant de dynamiques propres à un marché en développement. Étudiant les usages au sein de la population hétérosexuelle, elle interroge ensuite les modes d’appropriation – sociaux et sexués – des sites et l’organisation des relations qui en découlent. Ce faisant, l’enquête révèle que, si les sites promeuvent les rencontres amoureuses, ils contribuent en réalité peu à la formation des couples, favorisant davantage une hétérosexualité non conjugale. La discrétion des rencontres en ligne, qui se déroulent en dehors et à l’insu des cercles de sociabilité, contribue à ce fait. Alors que les pratiques numériques sont habituellement associées à une publicisation croissante de la vie intime, les sites de rencontres participent donc d’un mouvement contraire de privatisation de la sociabilité sexuelle. Cette caractéristique des sites autorise une plus grande marge de manœuvre dans l’exercice de la sexualité, et ce en premier lieu pour les femmes, mais ne déroge pas pour autant au double standard de sexe qui structure les relations hétérosexuelles, sur Internet comme ailleurs.