Les modes de production des inégalités, les cultures scolaires et les expériences des élèves : une comparaison des systèmes éducatifs français et chilien
Auteur / Autrice : | Johana Contreras |
Direction : | François Dubet |
Type : | Thèse de doctorat |
Discipline(s) : | Sociologie |
Date : | Soutenance le 13/11/2014 |
Etablissement(s) : | Bordeaux |
Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sociétés, politique, santé publique (Talence, Gironde ; 2011-....) |
Partenaire(s) de recherche : | Etablissement d'accueil : Université Bordeaux-II (1971-2013) |
Laboratoire : Centre Émile Durkheim - Science politique et sociologie comparatives (Pessac, Gironde) | |
Jury : | Président / Présidente : Anne Barrère |
Examinateurs / Examinatrices : Pierre Merle | |
Rapporteurs / Rapporteuses : Danilo Martuccelli, Juan Eduardo García Huidobro S. |
Mots clés
Résumé
Cette recherche porte sur les inégalités sociales dans les systèmes éducatifs français et chilien. À la différence de l’abondante littérature sur ce sujet dans la sociologie de l’éducation et dans d’autres disciplines, ce travail ne vise ni à expliquer les inégalités ni à comparer leur ampleur. À partir d’une approche compréhensive basée sur la sociologie de l’expérience, nous étudions le lien entre les modes de production des inégalités au sein de chaque système éducatif et les expériences des élèves. Cette question est appréhendée à partir d’une comparaison qualitative consistant en un examen de la législation, des études empiriques et des statistiques décrivant chaque modèle d’une part, et en une enquête de terrain auprès des enseignants et des élèves d’autre part. Des entretiens semi-directifs ont été effectués dans quatre lycées de chaque pays incluant 119 personnes (79 élèves et 40 professeurs). Ces deux systèmes se rapprochent de deux figures idéal-typiques de production des inégalités : le mode socio-économique au Chili et le mode scolaire-culturel en France. Ces modes de production façonnent les expériences scolaires en termes de leur contenu et de leur distribution. Au Chili, les expériences des lycéens reflètent les inégalités socio-économiques, se traduisant par des sentiments de macro-injustice ; en France les expériences se configurent autour des inégalités proprement scolaires avec une prééminence des sentiments de micro-injustice. Enfin, la culture scolaire nationale agit sur ce rapport entre les modes de production et les expériences ; au Chili elle atténue la critique de l’injustice de l’École alors qu’en France, elle l’exacerbe.