Thèse soutenue

Impact d'une exposition chronique au chlorpyriphos sur le développement, la maturation de l'intestin et le microbiote : approches in vivo (rat) et in vitro (SHIME®)

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Auteur / Autrice : Claire Joly Condette
Direction : Véronique BachJérôme Gay-QuéheillardHafida Khorsi-Cauet
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Biologie et santé
Date : Soutenance en 2014
Etablissement(s) : Amiens

Résumé

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L’exposition aux résidus de pesticides par voie alimentaire rend le système digestif, premier organe en contact avec ces contaminants, particulièrement vulnérable. Partant de l’hypothèse que le contact in utero ou en période postnatale avec un pesticide, est un agent perturbateur de l’homéostasie corporelle au cours du développement, nous avons étudié différents paramètres au sein du tractus intestinal afin de déterminer si et de quelle manière la maturation et le fonctionnement du système digestif peuvent être altérés suite à un contact avec un pesticide. Cette étude a été réalisée sur modèle animal (rat) par exposition continue à de faibles doses de chlorpyriphos (CPF) pendant toute la durée de la gestation ainsi qu’au cours de la vie néonatale (périodes de développement et de maturation du système digestif). Les animaux ont été étudiés au sevrage (J21) et à 60 jours (J60). Une étude in vitro a été réalisée de façon complémentaire au sein d'un système digestif artificiel modélisant l’écosystème microbien intestinal humain (SHIME®). Nos résultats mettent en évidence que l’ingestion chronique à faible dose de chlorpyriphos lors du développement du raton provoque une dysbiose intestinale et une translocation bactérienne accrue vers les organes stériles. Ces paramètres soulignent des répercussions fonctionnelles chez l’individu exposé in utero et par la lactation notamment une perméabilité intestinale augmentée (altération de l’expression de certaines protéines de complexes jonctionnels) corrélée à des observations morphométriques tissulaires. L'altération du système digestif par le chlorpyriphos est importante chez un animal immature (J21) et persiste dans le temps (J60) même si ces effets sont de moindre importance. Ces effets délétères d’une exposition chronique même à faible dose de pesticide sur le système digestif peuvent laisser craindre des effets à plus long terme et/ou avec des répercussions sur d’autres fonctions physiologiques