Vintilă Horia, exil et création
| Auteur / Autrice : | Alina-Elena Costin |
| Direction : | Francis Claudon |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Langue et Littérature Françaises |
| Date : | Soutenance le 25/10/2013 |
| Etablissement(s) : | Paris Est en cotutelle avec Institutul de lingvisticǎ, istorie literarǎ si folclor (Iasi, Roumanie) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Cultures et Sociétés (Créteil ; 2010-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Lettres, Idées, Savoirs (Créteil) |
| Jury : | Président / Présidente : Lacramioara Petrescu |
| Examinateurs / Examinatrices : Francis Claudon, Mircea Anghelescu, Yvonne Goga, Marina Muresanu Ionescu | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Jean-Louis Courriol, Alain Vuillemin | |
| DOI : | 10.70675/b5804318z57fcz4273z87f1z5db394984dd9 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Mots clés libres
Résumé
Cette thèse se propose d’analyser la relation entre l’exil, la création littéraire et leslangues d’écritures dans l’oeuvre de Vintila Horia. Les méthodes que nous avons utilisées – lacomparaison de quelques exemples célèbres d’exils, l’analyse thématique et psychanalytiquedes romans, l’application aux textes de Horia des nouvelles théories concernant le personnageet l’écrivain comme personnage, tout cela signale l’interdisciplinarité et désigne la pluralité denotre domaine d’étude, à savoir la littérature de l’exil. Le corpus comprend les romans Dieuest né en exil, Le Chevalier de la résignation, Persécutez Boèce !, Une Femme pourl’Apocalypse, Les Impossibles, Le Voyage à San Marcos, La Septième lettre et Les Clefs ducrépuscule. Nous y avons ajouté des textes non fictionnels tels le Journal d’un paysan duDanube et des fragments de la correspondance de l’auteur avec son frère, de même que desarticles de presse, et des textes fictionnels qui ne s’inscrivaient pas du point de vuelinguistique à notre démarche, mais qui révèlent l’unité de l’oeuvre.Le fil conducteur de notre thèse est l’exil, étudié dans ses aspects multiples ; enparticulier nous avons surtout insisté sur le fait que l’exil déclenche et stimule la création. Deplus, l’exil apparaît comme un élément diffus, insinué dans les oeuvres, au point que saprésence ne se révèle pas toujours de la même manière.Dans la première partie, l’exil est présenté comme concept qui nécessite unedéfinition ou une redéfinition, selon plusieurs perspectives. L’analyse de l’exil (considérécomme réalité objective sociopolitique, psychologique et littéraire) procède d’une certainetradition européenne de l’exil ; elle est représentée par les Russes et par les Allemands. Cesdeux exemples se distinguent non seulement du point de vue quantitatif, mais aussi du pointde vue qualitatif. Aussi ont-ils servi de base à une démarche inductive qui tache de construireune théorie de l’exil en littérature, susceptible ensuite de s’appliquer, de manière déductive,au cas roumain, en particulier au cas de Vintila Horia.La deuxième partie est l’étude de cas induite précédemment. Le « portrait » de Horiaest réalisé à partir de ses propres textes, ce qui évite l’introduction d’une biographietraditionnelle dans la thèse et rend compte de la direction de recherche adoptée. L’intérêt decette partie est d’observer l’évolution identitaire et linguistique de l’individu Vintila Horiadans sa vie personnelle et surtout dans sa vie d’écrivain. Le plurilinguisme de sa création y estconçu comme un intermédiaire entre sa brève existence monolingue et sa francophoniepotentielle.La dernière partie s’appuie davantage sur les textes de Horia. Le roman Dieu est néen exil y occupe une place centrale, mais son analyse n’occulte pas l’importance d’autrestextes de l’écrivain et qui relèvent de sa préoccupation pour les problèmes théoriques de lacréation romanesque. Le dernier chapitre (qui propose une lecture nouvelle de l’oeuvre deHoria) est constitué de deux parties entre lesquelles l’analyse des romans se fait de manièrecontinue mais selon des perspectives différentes. Le point de départ de la première partieréside dans l’observation des pouvoirs bénéfiques de l’écriture sur l’existence de l’exilé. Acette occasion sont pris en compte d’autres moyens à travers lesquels l’exilé se défend contrela peine résultant de sa nouvelle condition. Le fonctionnement de ces moyens est suivi au6niveau des textes littéraires. Dans la seconde partie du chapitre les questions de l’écriture et del’écrivain deviennent centrales. Par les thèmes abordés – celui du personnage-écrivain et celuide la présence de l’auteur au niveau de son texte – Horia se révèle comme un auteur moderne,malgré l’air archaïque de son oeuvre.