Thèse soutenue

Variabilité du Moustérien au Proche-Orient : approche géographique des dynamiques de changement en milieu méditerranéen et en milieu steppique

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Auteur / Autrice : Marina Pagli
Direction : Éric Boëda
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Préhistoire
Date : Soutenance le 03/05/2013
Etablissement(s) : Paris 10
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Espaces, Temps, Cultures (Nanterre, Hauts-de-Seine ; 2000-....)
Jury : Président / Présidente : Liliane Meignen
Examinateurs / Examinatrices : Éric Boëda, Liliane Meignen, Nicholas John Conard, Alain Tuffreau, Heba Al Sakhel, Laurence Bourguignon, Erella Hovers
Rapporteurs / Rapporteuses : Nicholas John Conard, Alain Tuffreau

Résumé

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Le Moustérien se présente au Proche-Orient comme un technocomplexe qui associe des tendances générales dans la succession des industries lithiques, à une diversité technique difficile à cerner dans un cadre unitaire. Dans cette aire du bassin méditerranéen, témoin de dynamiques de peuplement complexes entre les continents, les modèles de la variabilité du Moustérien ont été élaborés à partir des sites de la zone côtière. Les sites de la zone steppique ont toujours été interprétés en relation à ces modèles. Pourtant, les données semblent témoigner d’une diversité technique plus importante. Nous proposons une lecture géographique de cette diversité à partir de la comparaison de trois séquences : Umm el Tlel, dans l’aire semi-aride de Syrie ; Yabroud I, dans les montagnes au nord de Damas ; et Ksar ‘Akil, sur la côte libanaise. A l’intérieur de la mosaïque paléoenvironnementale qui caractérise le Proche-Orient, chacun de ces sites rend compte d’un milieu particulier et permet d’appréhender la question des changements techniques dans différents contextes. L’analyse technologique met en évidence que, au-delà de la continuité d’un système de débitage unique, le système Levallois, chaque industrie témoigne d’objectifs et de méthodes différentes. La comparaison montre que les changements techniques ne se produisent pas partout de la même façon : à Umm el Tlel et Yabroud I, chaque couche présente une industrie différente, alors qu´à Ksar ‘Akil, une continuité technique est partagée par les industries de plusieurs couches, les changements se produisant à travers de grands ensembles successifs dans le temps. Nous proposons que ces différentes modalités de changements dans le temps soient liées à une diversité techno-culturelle plus importante des populations qui se sont succédées dans la zone steppique que dans la zone côtière. Des dynamiques d’occupation spécifiques de l’espace macro-régional sont alors proposées, qui peuvent expliquer ces différences.