Thèse soutenue

"Lorsque l'enfant paraît", rencontres, liens et ruptures : une approche anthropologique des adoptions en Colombie.

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Auteur / Autrice : Amandine Delord
Direction : María-Eugenia Cosío-Zavala
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Anthropologie
Date : Soutenance le 25/11/2013
Etablissement(s) : Paris 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Europe latine et Amérique latine (Paris ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherche et de documentation sur les Amériques - CREDA - Centre de Recherche Et de Documentation sur les Amériques - UMR 7227 / CREDA
Institut : Institut des Hautes Études de l'Amérique latine (Université Paris III)
Jury : Président / Présidente : Françoise Lestage
Examinateurs / Examinatrices : María-Eugenia Cosío-Zavala, Françoise Lestage, Agnès Fine, Capucine Boidin-Caravias

Résumé

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L’adoption internationale en Colombie représente 14 % des adoptions françaises à l’étranger en 2011. Elle est un système de juxtaposition et d’imbrication d’acteurs et d’expériences de parenté. De par sa dimension transnationale, l’adoption lie des acteurs asymétriques avec pour extrémités les parents adoptants européens et la génitrice colombienne. Mais son inscription dans le contexte local de parenté colombienne révèle également l’importance d’un tissu relationnel dense et varié, constitué de divers transferts d’enfants en parallèle. Quant à son statut officiel et formel, il implique l’intervention de l’État dans la définition, la mise en forme et l’application de la pratique de l’adoption. Ainsi, ce travail est le fruit d’une ethnographie multi-située du système de l’adoption en Colombie avec un abord depuis les différentes positions possibles. L’objectif est alors d’interroger la logique de chaque acteur impliqué et les enjeux existants autour de l’enfant : comment l’acte de mise en adoption prend-il sens pour une mère, dont la grossesse n’est pas désirée ? Selon quels critères l’État définit-il l’adoptabilité d’un enfant ? Quelles sont les modalités d’implication de la famille d’accueil dans ce maternage transitoire ? Et enfin, de quelle manière les parents adoptants assument-ils leur rôle dans la (re)construction identitaire de l’enfant ? Regards, vécus, positionnements se rencontrent et s’articulent, témoignant souvent de rapports de pouvoir. L’adoption parle ainsi d’un exercice de contrôle sur la vie et les corps, mettant à jour une inter-sectionnalité de mécanismes de dominations (« postcoloniale », étatique, hétérosexuelle, voire raciale), repérée et analysée dans cette thèse.