Thèse soutenue

Le Jeu des genres dans l'oeuvre romanesque d'Alfred Jarry : transformations, hybridations, mélanges.

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Auteur / Autrice : Aurélie Briquet
Direction : Dominique Combe
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Littératures française et francophone
Date : Soutenance le 25/10/2013
Etablissement(s) : Paris 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Littérature française et comparée (Paris)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de Recherche sur les Poétiques du XIXe siècle (Paris)
Jury : Président / Présidente : Henri Scepi
Examinateurs / Examinatrices : Dominique Combe, Henri Scepi, Patrick Besnier, Bertrand Vibert

Mots clés

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Résumé

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Cette thèse se propose d’étudier sous l’angle des genres et formes littéraires les romans d’Alfred Jarry : Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien (posth. 1911), Les Jours et les nuits (1897), L’Amour absolu (1899), Messaline (1901), Le Surmâle (1902) et La Dragonne (posth. 1932). Il s’agit d’analyser la manière dont ces œuvres trop méconnues, qui se déclarent « romans » par leur sous-titre, résultent en réalité de phénomènes de transformation, d’hybridation ou de mélange des genres. Alfred Jarry, qui a commencé sa carrière littéraire sous les auspices du symbolisme, participe d’abord à faire évoluer le genre romanesque lui-même en élaborant des œuvres anti-illusionnistes qui accordent une large place à l’onirisme, s’appuient sur une temporalité originale, une structure non-linéaire et des personnages évanescents. Ces romans sont aussi des textes hybrides : ils exploitent les ressources de l’argumentation en donnant naissance à des digressions didactiques teintées de pataphysique, tandis que la théâtralité fait éclore des dialogues et des personnages influencés par le mode dramatique et l’imaginaire des arts du spectacle. Enfin, les romans d’Alfred Jarry subissent la contamination de la poésie, à l’heure où celle-ci tend à investir tous les genres littéraires et où émerge le vers libre. Des poèmes versifiés font leur apparition au sein des textes romanesques, et la prose est elle-même infléchie en direction de l’expression poétique, par son emploi de l’image et d’un rythme spécifique. Ces œuvres apparaissent alors comme le laboratoire d’un nouvel espace générique, en pleine métamorphose à la charnière du XIXe et du XXe siècle.