Le milieu de l'urbanisme à Montréal (1897-1941) : histoire d'une "refondation"

par Gabriel Rioux

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Danièle Voldman et de Luc Noppen.

Le président du jury était Florence Paulhiac.

Le jury était composé de Annie Fourcaut, Marie Lessard.


  • Résumé

    A l'aube du XXe siècle, une partie de l'élite montréalaise a reconnu au nom d'un intérêt général que la croissance urbaine pouvait être mieux conduite sous la direction du planning ou, terme apparu plus récemment, de l'urbanisme. Cette thèse retrace la contribution de nouveaux spécialistes de l'urbain et de leurs alliés pour préparer l'avènement d'une métropole moderne et prospère. Alors que plusieurs travaux ont privilégié l'étude des formes d'intervention durant les trente glorieuses ou dénoncé les conséquences d'une absence de volonté politique pour combattre les désordres de la grande ville industrielle, cette étude porte sur les formes sociales d'appartenance et propose de considérer les relations complexes qui se nouent autour de l'urbanisme naissant pour faire l'histoire d'acteurs collectifs. Elle recourt au concept de milieu afin de construire avec les outils de l'histoire le récit d'un champ d'expérience. Dès le début du XX· siècle, l'urbanisme se caractérise par une combinaison inédite: quête d'un statut professionnel, constitution d'une discipline appliquée par le développement des « études urbaines » et élargissement d'un domaine d'intervention publique. À travers l'incidence déterminante de deux grands enjeux - la planification urbaine et le logement populaire - qui participent de la formation d'un débat urbanistique, la recherche dégage les étapes de la construction de ce milieu ainsi que du discours et des pistes d'action. Le récit qui s'étale de la fin du XIXe siècle jusqu'à la création du Service d'urbanisme de la Ville de Montréal, en 1941, révèle aussi la présence d'une dynamique collective nourrie de quelques idées-forces : la défense d'un intérêt général, l'optimum de l'intervention, le rapport entre le spatial et le social, et l'impératif de la prévision. Ce récit conduit ainsi à une meilleure compréhension des facteurs d'émergence de la nouvelle spécialité et à relativiser l'effet d'entraînement des politiques publiques.

  • Titre traduit

    The Montréal's urban planning milieu (1897-1941) : the story of a "re-foundation"


  • Résumé

    At the onset of the 20th century, part of Montréal's elite, in the name of the common interest, acknowledged that urban growth could be better achieved through planning or, resorting to a recent term, urbanism. This thesis recounts the contribution of these new experts and their allies in preparing the upcoming of a modern and thriving metropolis. While several research have promoted the study of intervention modalities during the thirty glorious years or denounced the aftermath of a non-existent politic al willpower to counteract the pandemonium of the large industrial city, this study focuses on the social forms of belonging and proposes to consider the complex relationships that intertwined around the emerging urbanism to construct the story of collective actors. It resorts to the concept of milieu and uses the tools of history in order to write the story of a field of experience. As of the beginning of the 20th century, urban planning is characterized by a new combination: the quest for a profession al status, the constitution of an applied discipline through the development of "urban studies," and the expansion of a public intervention sphere. Based on the deciding impact of two major constituents-urban planning and public housing-that relate to the development of an urbanistic debate, this research highlights the phases in building this milieu as well as the discourse and possible avenues of action. The story, which spans from the end of the 19th century to the creation of the city of Montréal's urban planning service, in 1941, also uncovers the presence of a collective dynamics nurtured by a number of key ideas: the protection of the general interest, the optimization of interventions, the relationship between the spatial and social dimensions, and the prediction imperative. This story thus leads to a better understanding of the factors underlying this new specialty and to keep in perspective the ripple effect of public policies.


Il est disponible au sein de la bibliothèque de l'établissement de soutenance.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse\u00a0?

  • Bibliothèque : Bibliothèque Cujas de droit et de sciences économiques (Paris).
  • Bibliothèque : Bibliothèque électronique de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.