Thèse soutenue

Essais sur les déterminants des dépenses publiques en France, Allemagne, Italie, et Royaume-Uni (UE-04), du XIXe siècle à nos jours

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Auteur / Autrice : Charles Bonati
Direction : Jean-Dominique Lafay
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences économiques
Date : Soutenance le 24/10/2013
Etablissement(s) : Paris 1
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale d'Économie (Paris ; 2004-....)
Partenaire(s) de recherche : Equipe de recherche : Centre d'économie de la Sorbonne (Paris ; 2006-....)
Jury : Président / Présidente : Roland Lantner
Examinateurs / Examinatrices : Jean-Dominique Lafay, Louis Marie Imbeau
Rapporteurs / Rapporteuses : Jean-Didier Lecaillon, Christian Aubin

Mots clés

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Résumé

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L'objet de ce travail est d'analyser, du XIXe siècle à 2010, les déterminants politico-économiques du niveau des dépenses publiques, exprimé en pourcentage du PIB, pour les quatre principaux pays de l'Union européenne. (la France, l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni ; groupe que l'on notera « UE-04 »). Dans le chapitre 1, nous présentons les différentes mesures de la « taille de l'État », et mettons en évidence la croissance des dépenses publiques depuis le début du XIXe siècle. Nous recensons et testons les principaux modèles monofactoriels de détermination du niveau des dépenses publiques : loi de Wagner, modèle de développement de Rostow, effet de déplacement de Peacock et Wiseman, Granger-causalité entre dépenses et recettes, et interactions budgétaires internationales. Ces modèles ne peuvent expliquer que partiellement et superficiellement l'évolution séculaire des dépenses : ils sont trop simples pour appréhender la profonde complexité des processus. Les niveaux de dépenses publiques sont de plus en plus interdépendants, du fait de l'intensification du processus de globalisation. Ils varient de plus en plus de manière similaire : ce co-mouvement (ou cycle international) est probablement lié à l'émergence d'un « fédéralisme budgétaire européen » et à l'amplification de l'intégration. Enfin, ils ne semblent pas converger, du fait de la persistance de fortes et anciennes différences, notamment institutionnelles. Le chapitre 2 propose une première étude systématique des épisodes de baisse des dépenses publiques depuis le XIXe siècle. Après une recension de la littérature, nous procédons à une analyse quantitative. Le nombre d'années de hausse des dépenses est approximativement égal à celui des baisses. En revanche, l'intensité moyenne des hausses est supérieure à celle des baisses. Ces mouvements sont de plus en plus coordonnés entre les économies. La chronique politico-économique atteste que le PIB et les dépenses liées aux guerres constituent des facteurs fondamentaux, et que sur la période contemporaine les configurations institutionnelles et la volonté des dirigeants politiques exercent une influence essentielle. Enfin, les épisodes de baisse durable sont peu nombreux et sont généralement mis en œuvre lorsque la conjoncture économique est favorable, par des réductions opérées dans les trois grandes catégories de dépenses publiques : consommation, investissement et transferts. Dans le chapitre 3, nous effectuons une ample recension de la littérature sur les déterminants des dépenses publiques. Il existe plusieurs dizaines de facteurs potentiels. Les processus de détermination des dépenses publiques étant très complexes, le contenu interprétatif des modèles théoriques est limité. La littérature néglige deux éléments pourtant désormais fondamentaux : les interactions budgétaires entre les pays, et l'influence des institutions de l'Union européenne. Le creusement de la dette et la crise des finances publiques ont conduit à une homogénéisation des gouvernements : les décisions budgétaires sont désormais largement déconnectées du positionnement idéologique des dirigeants ainsi que du niveau de soutien dont ils disposent. Une analyse économétrique en panel des déterminants des catégories de dépenses publiques sur la période 1992-2010 pour l'UE-04 indique que la croissance du PIB agit de manière significativement négative. Les autres variables politico-économiques traditionnelles peinent à expliquer les évolutions des dépenses. Un panel dynamique permet d'apprécier le rôle joué par la variable dépendante retardée. Pour le total des dépenses publiques, il existe une force de rappel, pour laquelle les transferts jouent un rôle prépondérant.