Peindre la chair : le mouvement de l'image dans l'oeuvre de Chaïm Soutine
| Auteur / Autrice : | Chiara Palermo |
| Direction : | Pierre Rodrigo, Andrea Pinotti |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Philosophie |
| Date : | Soutenance le 23/11/2013 |
| Etablissement(s) : | Dijon en cotutelle avec Università degli studi (Milan, Italie) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Ecole doctorale Langages, Idées, Sociétés, Institutions, Territoires (Dijon ; 2007-2016) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre Georges Chevrier. Sociétés et Sensibilités (Dijon ; 2014-....) |
| Jury : | Examinateurs / Examinatrices : Claudio Zambianchi |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Mauro Carbone, Éliane Escoubas | |
| DOI : | 10.70675/3e2ba174z21a3z4ec8z9e20zd96aa9cb3d1d |
Résumé
Le travail des peintres qui ont vécu à Paris au début du XXme siècle a souvent consisté en une négation de la représentation qui n’était pas sans rapport avec la négation de l’objet-tableau lui-même : Chaïm Soutine adopte une profonde radicalité dans cette démarche artistique. L’objet de notre étude, suivant son travail, n’est pas la peinture, mais l’action de peindre, de « peindre la chair », pour redéfinir par là même la peinture comme praxis, et penser, à son tour, la philosophie comme pratique qui doit créer son propre faire. En effet, la négation du paradigme de la représentation en peinture nous a conduit à étendre une réflexion jusqu’aux dynamiques expressives de l’art actuel et surtout aux fondements de la pratique philosophique considérée dans l’essence de son mouvement expressif. À ce propos, le thème de la chair illustre à la perfection, en peinture et en philosophie, un dualisme dont notre travail a voulu être le dépassement. Un dualisme critique se polarisant autour de l’opposition entre l’image comme copie-reproduction ou comme autoréférentielle. L’approche ontologique de l’image et du sensible, retracée suivant la pensée de Merleau-Ponty, définit la chair comme prégnance, c’est-à-dire comme un être en différenciation avec lui-même, qu’on ne peut saisir que par un renouvellement de la pensée suivant les mêmes différenciations avec elle-même. Notre analyse de la peinture de Chaïm Soutine conduit à repenser le phénomène esthétique, et, au-delà, à repenser l’être de tout phénomène et de tout apparaître, sans les faire référer aux formules oppositives et aux formes de pensée issues de l’héritage idéaliste de la philosophie et de l’esthétique.