Thèse soutenue

Transporter dit-elle : l'écriture de Marguerite Duras dans les traductions slovaques

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Auteur / Autrice : Anna Visnovska
Direction : Sylviane Coyault
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Littérature française
Date : Soutenance le 09/12/2013
Etablissement(s) : Clermont-Ferrand 2
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale des lettres, sciences humaines et sociales (Clermont-Ferrand)
Partenaire(s) de recherche : Equipe de recherche : Centre de Recherches sur les Littératures et la Sociopoétique (Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme, France)
Jury : Président / Présidente : Régis Gayraud
Examinateurs / Examinatrices : Bertrand Westphal, Jana Truhlárová, Michel Quereuil, Guy Lavorel, Zuzana Malinowski
Rapporteurs / Rapporteuses : Bertrand Westphal, Jana Truhlárová

Mots clés

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Résumé

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La présente étude se donne pour but d’analyser l’écriture moderne – palimpseste et hybride – de Marguerite Duras et ses modifications qualitatives dans les traductions slovaques. Le titre de la thèse rend compte des deux lignes de notre réflexion : interprétative (interrogative) de l’original et critique (évaluative) de la traduction. La première partie propose une ouverture théorique à la réflexion sur la traduction littéraire en confrontant les écoles slovaque et française. Nous esquissons les problèmes généraux de l’art de la traduction ainsi que de la réception des textes littéraires. Dans la deuxième partie, nous proposons une lecture interprétative de l’œuvre de Duras. Nous réfléchissons sur le processus de la réception de l’œuvre dans la complexité de ses rapports à des textes antécédents de Duras. Notre lecture est centrée sur les particularités littéraires – stylistiques, esthétiques et narratologiques – qui risquent de se perdre dans la traduction. Dès le premier roman, l’imaginaire de Duras engendre des thèmes, des motifs et des modes d’écriture privilégiés dont le traducteur, dans la perspective d’une lecture empathique, est invité à saisir les constantes et les métamorphoses. De plus, le lecteur-traducteur devrait pénétrer avec Duras dans les sensations de ses narrateurs et de ses personnages. Dans la troisième partie, nous étudions des divergences concrètes entre les traductions slovaques et le texte de départ. Les failles des traductions slovaques tiennent essentiellement à leur négligence des figures de manque. Nous concluons que dans la réécriture slovaque, l’oralité programmée par Duras s’efface : l’émotion palpable dans l’original se dissout dans la cohérence retrouvée du discours. La traduction slovaque restitue l’écriture fragmentaire, mais ne laisse plus sentir l’origine des silences propres à l’écrivaine : l’impuissance à dire ou, au contraire, l’urgence de dire.