Thèse soutenue

Règles d'assemblage des communautés d'Oligochètes terrestres et relations avec les microorganismes du sol

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Auteur / Autrice : Benoit Richard
Direction : Thibaud Decaens
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Biologie - Ecologie
Date : Soutenance en 2012
Etablissement(s) : Rouen
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Normande de biologie intégrative, santé, environnement (Mont-Saint-Aignan, Seine-Maritime)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Étude et compréhension de la biodiversité (Mont-Saint-Aignan, Seine-Maritime)
autre partenaire : Ecole Supérieure d'Ingénieurs et Techniciens pour l'Agriculture (Val-de-Reuil (Eure))
Jury : Rapporteurs / Rapporteuses : Eric Blanchart, Sylvain Doledec

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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Les Oligochètes ou vers de terre représentent une composante essentielle de la faune du sol au sein de beaucoup d’écosystèmes terrestres. En tant qu’ingénieurs écologiques, ils sont impliqués dans de nombreux processus écologiques prenant place à l’interface sol/végétation, et interagissent notoirement avec les communautés de microorganismes du sol à différentes échelles spatio-temporelles. Paradoxalement, les règles qui régissent l’assemblage spatio-temporel de leurs communautés, ainsi que les implications fonctionnelles demeurent mal connues et peu comprises. L’objectif de ce travail de thèse était d’étudier (i) les facteurs régissant la structure spatiale et la composition des assemblages de vers de terre et des microorganismes en Haute-Normandie et (ii) de caractériser spécifiquement certaines relations entre vers de terre et microorganismes. Pour cela, nous avons mené conjointement une étude au champ sur ces deux groupes d’organismes dans plusieurs parcelles de prairies tempérées ainsi que des expérimentations réalisées en laboratoire. Dans une première partie correspondant aux approches in situ, les analyses spatiales réalisées montrent que les assemblages de vers de terre s’organisent en zones de fortes et de faibles densités, avec un degré d’organisation spatiale différent selon les prairies considérées. Les résultats suggèrent également une faible importance des facteurs abiotiques dans la distribution spatiale des vers, ainsi qu’une forte influence des interactions biotiques à l’échelle de la parcelle (notamment la compétition). Les résultats de modèles nuls laissent supposer la présence de compétition indirecte par les activités d’ingénierie pour la guilde des anéciques. La distribution spatiale des microorganismes appréhendée à l’échelle de la parcelle peut être reliée, dans certains cas, aux caractéristiques des communautés de vers de terre. Dans une seconde partie correspondant aux approches expérimentales, les résultats obtenus montrent que les effets des vers de terre sur les communautés de microorganismes dépendent du type de sol considéré, de l’espèce de vers incriminée ainsi que du microsite au niveau duquel l’interaction prend place (sol ou turricule). Dans une seconde expérimentation, l’influence des microorganismes dans le comportement d’exploration de l’habitat par les vers de terre est testée. Certaines espèces de vers de terre semblent ainsi être attirés par les communautés de microorganismes issus de sols forestiers. Par ailleurs, nos résultats mettent en évidence une relation complexe entre la densité d’individus de vers de terre et le déterminisme de leurs déplacements, qui semble indiquer l’influence successive de mécanismes de construction de niche et de compétition intra-spécifique. De façon générale, cette étude renforce nos connaissances sur les relations complexes entre deux communautés essentielles du système sol ainsi que sur les facteurs écologiques responsables de la structuration de leurs assemblages.