Dénouer les fils de la coordination à travers l’appréhension des grammaires locales : analyse des pratiques de coordination pour la gestion des ressources productives dans le périmètre du Gharb au Maroc
| Auteur / Autrice : | Zhour Bouzidi |
| Direction : | Jean-Paul Billaud |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sociologie |
| Date : | Soutenance en 2012 |
| Etablissement(s) : | Paris 10 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Économie, organisations, société (Nanterre, Hauts-de-Seine ; 2000-....) |
Mots clés
Résumé
La thèse porte sur les pratiques de coordination pour la gestion des ressources productives dans le périmètre de grande hydraulique du Gharb au Maroc. A travers une analyse monographique de trois villages, elle appréhende les modalités concrètes de la gestion, les réseaux d’acteurs et les différentes grammaires de la coordination dans un contexte structuré par de nombreuses mutations : évolution des rôles de l’Etat, émergence de nouveaux acteurs et mise en place d’une multitude de réformes institutionnelles. L’approche proposée resitue la problématique de la coordination dans ses multiples dimensions (historiques, contextuelles et relationnelles) et propose une entrée originale axée sur les pratiques in situ. La thèse met en évidence une pluralité des pratiques de coordination qui empruntent des formes flexibles, informelles et ancrées dans le vécu local. Nous avons montré qu’au-delà d’une simple adaptation aux transformations de la gestion à l’échelle du périmètre, ces pratiques permettent aux agriculteurs d’améliorer leurs conditions socio-économiques et d’introduire des innovations techniques. Ces pratiques témoignent d’une renégociation du rapport à l’Etat et de la construction de collectifs dans des dimensions à la fois sociale, économique et identitaire. En revanche, la durabilité de telles pratiques et leur capacité à déboucher sur une capacité d’action plus large des agriculteurs sont affaiblies par l’absence de reconnaissance et d’appui de l’Etat, par la difficulté d’évoluer vers des formes plus formalisées d’action collective et par le poids des inégalités socio-économiques. La thèse propose des pistes pour repenser la coordination dans les périmètres irrigués et les nouvelles articulations entre l’action collective à l’échelle des communautés et l’action publique à la fois par la recherche et par les politiques publiques.