Thèse soutenue

Le XIXe siècle dans le cinéma de Luchino Visconti : scènes et poétique du décor

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Auteur / Autrice : Marie-Laure Guétin
Direction : Laurence Schifano
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Etudes cinématographiques et audiovisuelles
Date : Soutenance le 26/11/2012
Etablissement(s) : Paris 10
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Lettres, langues, spectacles (Nanterre, Hauts-de-Seine ; 2000-....)
Jury : Président / Présidente : Suzanne Liandrat-Guigues
Examinateurs / Examinatrices : Laurence Schifano, Suzanne Liandrat-Guigues, Laurent Guido, Jean-Pierre Berthomé, Antoine de Baecque
Rapporteurs / Rapporteuses : Suzanne Liandrat-Guigues, Laurent Guido
DOI : 10.70675/a16a8c49ze735z4388z92e7z8cb3669d5e07

Résumé

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Cette thèse se propose de mettre en relief des enjeux esthétiques et théoriques encore inaperçus du décor filmique, en prenant pour exemple le travail de Luchino Visconti, dont le cinéma fournit un cadre privilégié pour mener une telle recherche. Cinq grands films en costumes situés dans un XIXe siècle tardif, entre 1860 et 1911, constituent le corpus de l’étude, que vient compléter l’horizon réflexif des mises en scène de théâtre. On se donne pour tâche de relever et de faire ressortir les fonctions descriptive, historique et dramaturgique du décor. Le concept de scène ouvre ce décor XIXe à son extension la plus large : de l’espace au temps, du plus matériel au moins évidemment perceptible, du visuel au sonore. Le décor est cette scène, à la plasticité et la malléabilité remarquables, sur laquelle se met en place une poétique indissociable des perspectives temporelles. Comme scène, le décor est là où l’émergence du XIXe se noue, se joue et se structure selon trois niveaux : l’historicité, le drame, le temps. De la reconstitution historique à l’imagerie du siècle, des rhétoriques XIXe à la dramaturgie passionnelle, de la mise en scène du temps aux décors-temps en passant par les fictions et la corporéité du décor : voilà vers quelle poétique les scènes du décor acheminent le spectateur. Le distendant jusqu’à ses limites les plus élargies (le temps et ses mouvements, son anachronisme et sa fragmentation, ses fractures et sa musicalité), la réflexion aborde pour finir le décor XIXe comme cette forme cinématographique aspirant à une autre visibilité : telle une présence qui « inquiète le regard » (D. Païni). Cette approche du décor permet alors de repenser le travail de Visconti dans la modernité.