Thèse soutenue

Le système de la peine : du châtiment à l'hypersurveillance

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Auteur / Autrice : Tony Ferri
Direction : Alain Brossat
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Philosophie
Date : Soutenance en 2012
Etablissement(s) : Paris 8

Résumé

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La surveillance électronique tend à devenir aujourd’hui la nouvelle « reine des peines », du moins ce dispositif inédit, dans l’histoire des pénalités, de contrôle des populations délinquantes pouvant concurrencer la prison pour peine. Si la surveillance électronique se présente principalement comme une modalité d’exécution d’une peine d’emprisonnement et sous la forme d’aménagements de peine ou d’une alternative à l’incarcération, elle ne cesse d’évoluer, d’être soumise à des re��ajustements, de faire l’objet de l’appréciation de spécialistes quant à son efficacité en termes à la fois de maîtrise des dépenses publiques consécutives au traitement de la sanction pénale et de prévention de la récidive requise par une société qui cherche à s’immuniser toujours davantage contre le fléau de la délinquance, d’étoffer sa technologie de punir par l’appareillage des corps et l’amplification de son « emprise sur les esprits ». En dépit de cette effervescence enregistrable aujourd’hui autour du bracelet pénal, il s’agit ici de discuter les présupposés et les implications de la surveillance électronique, et, loin de devoir céder à l’engouement ou à l’impression de panacée que serait susceptible d’offrir ce type de surveillance, de montrer, in fine, que, bien que la surveillance électronique obéisse à des règles de structuration et à des modalités d’exécution opposées à celles de la prison, bien que le modèle sur lequel elle repose se présente comme antinomique à celui du monde carcéral, il n’en demeure pas moins qu’elle reconduit les formes éculées de l’enfermement, décuple son pouvoir d’assujettissent par sa faculté invasive, et produit les effets pernicieux du panoptisme.