Thèse soutenue

Représentation de l’espace et acquisition des langues étrangères : l’expression du mouvement par des locuteurs russophones apprenant l’anglais ou le français

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Auteur / Autrice : Tatiana Iakovleva
Direction : Maya HickmannStéphane Viellard
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences du langage
Date : Soutenance en 2012
Etablissement(s) : Paris 8

Résumé

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Les langues montrent une grande variabilité typologique dans leurs façons de conceptualiser le mouvement. Cette variabilité influence comment les locuteurs sélectionnent différents types d’informations (Trajectoire, Manière) ainsi que comment l’apprenant d’une langue étrangère construit le système cible (Hendriks & Hickmann 2011). Cette étude examine l’impact des facteurs typologiques sur l’acquisition des langues étrangères (anglais et français) en explorant l’hypothèse d’un transfert conceptuel de la langue maternelle vers la langue seconde (L1>LE). En nous référant à la distinction proposée par Talmy (2000) entre les langues « à satellites » et à « cadrage verbal », des analyses comparent des corpus de productions recueillies dans une situation contrôlée à partir de stimuli montrant des mouvements volontaires auprès sept groupes de locuteurs : trois groupes de locuteurs natifs (russophones, anglophones et francophones) et quatre groupes d’apprenants russophones à deux niveaux de compétence (débutants et plus avancés) acquérant l’anglais et le français en situation guidée. Les résultats montrent que, malgré les différences importantes attestées dans les descriptions des locuteurs monolingues du russe et de l’anglais, notamment dans leur degré relatif de variabilité structurelle, les idiosyncrasies détectées dans les productions des apprenants reflètent rarement les propriétés du L1 russe, indiquant l’absence de transferts importants de la L1 vers la L2. Cette absence des transferts importants des cadrages de la L1 est également attestée chez les apprenants du français aux deux niveaux de compétence. La discussion met en exergue différents facteurs pouvant expliquer les variations observées, parmi lesquels figurent des facteurs cognitifs liés au fait que le russe est moins systématique que l’anglais et le français.