Entre exception et assimilation : le statut des amérindiens aux Etats-Unis à travers le prisme de la protection de l'enfance, 1950-2008
| Auteur / Autrice : | Céline Planchou |
| Direction : | Catherine Collomp, Marine Le Puloch |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Études anglophones |
| Date : | Soutenance en 2012 |
| Etablissement(s) : | Paris 7 |
| Jury : | Président / Présidente : Jennifer Merchant |
Résumé
Notre étude se présente comme une analyse de l'évolution des politiques et des dipositifs de protection de l'enfance destinés aux mineurs amérindiens à partir des années 1950 en ce qu'elle révèle du statut légal des Amérindiens aux Etats-Unis. Nous cherchons à établir si les interactions qui se nouent entre les différents niveaux de gouvernement impliqués participent à reconnaître le caractère distinct des tribus et des enfants indiens ou, au contraire, à les incorporer à la nation américaine. En raison de sa double composante, judiciaire et administrative, et de son organisation complexe qui, dans le cas des enfants amérindiens, implique l'Etat fédéral, les gouvernements tribaux, les Etats fédérés et les institutions locales, la protection de l'enfance est un domaine privilégié pour traiter du statut légal des Amérindiens. Au milieu du vingtième siècle, le labyrinthe administratif et juridique qui entoure la question de la responsabilité à l'égard des enfants amérindiens en danger a contribué à écarter les institutions tribales des décisions affectant leurs membres mineurs et a favorisé une intervention croissante des services sociaux des Etats fédérés au sein des familles amérindiennes. Ainsi, de plus en plus d'enfants amérindiens ont été retirés de la garde de leurs parents et placés dans des familles d'accueil et des familles adoptives non-indiennes. En 1978, V Indian Child WelfareAct est adopté par le Congrès américain. Cette loi reconnaît le droit des tribus à s'organiser pour le bien-être de leurs enfants et requiert des institutions d'Etat impliquées dans la protection de l'enfance qu'elles tiennent compte du statut particulier des mineurs amérindiens, faisant ainsi évoluer les relations de pouvoirs entre les acteurs gouvernementaux impliqués.