Thèse soutenue

La France et le procès de Nuremberg (1941-1954)

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Auteur / Autrice : Antonin Tisseron
Direction : Annette Wieviorka
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire
Date : Soutenance en 2012
Etablissement(s) : Paris 1

Résumé

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Lors des premières discussions entre les États-Unis, le Royaume-Uni et la Russie sur la punition des criminels nazis, la France Libre est absente malgré l'engagement à Londres, dès 1941, de René Cassin en faveur de procès. Nation mineure avec à sa tête un général contesté, c'est même sa reconnaissance qui fait alors débat. Le 20 novembre 1945 pourtant. Au moment où s'ouvre le procès de Nuremberg, la France est présente aux côtés des trois autres alliés. La place est acquise. Des représentants français sont nommés au sein de Tribunal et du Ministère public. Cependant. Dans un pays qui se reconstruit et alors que les Affaires étrangères considèrent le ''problème allemand'' comme se jouant principalement dans d'autres instances, la justice de Nuremberg n'est pas une priorité. La participation française au procès repose sur les épaules de quelques hommes qui tentent, tout en ayant le sentiment d'être délaissés par Paris, de faire entendre la voix d'un peuple qui a souffert directement de l'oppression nazie et de promouvoir une certaine idée de l'homme et de la civilisation puisant ses racines dans l 'héritage de la Révolution française et des Lumières. Mais pour ces hommes, le procès de Nuremberg est seulement un commencement. Moment fondateur dans la répression des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et l'émergence d'une justice internationale, il doit à la fois permettre de poser les bases juridiques et la légitimité de la dénazification à venir, et marquer le commencement d'une nouvelle époque ; du moins avant que les espoirs de ses partisans ne soient progressivement emportés par la guerre froide puis les « événements» d'Algérie