Thèse soutenue

Danse, émotions et pensée en mouvement : contribution à une sociologie des émotions : le cas de Giselle et de MayB

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Fanny Fournié
Direction : Florent Gaudez
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sociologie
Date : Soutenance le 12/12/2012
Etablissement(s) : Grenoble
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale sciences de l'homme, du politique et du territoire (Grenoble ; 2001-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire de sociologie de Grenoble (2010?-2014) - Emotion Médiation Culture Connaissance / EMC2
Jury : Président / Présidente : Jean-Louis Fabiani
Examinateurs / Examinatrices : Florent Gaudez, Vinciane Despret
Rapporteurs / Rapporteuses : Antoine Hennion, Claudine Vassas

Mots clés

FR  |  
EN

Résumé

FR  |  
EN

Ce travail propose une réflexion menée à la croisée d'une sociologie des émotions, objet principal de la recherche, et d'une sociologie de l'art. En effet, la représentation d'un ballet romantique, Giselle, de Jules Perrot et Jean Coralli et d'un ballet contemporain, MayB, de Maguy Marin, forme le terrain de l'enquête. L'enjeu de l'analyse a consisté à rendre visibles les différents mouvements des émotions, à l'œuvre lors d'une soirée chorégraphique. D'un côté, le mouvement des danseurs sur la scène, qui, s'appuyant sur la technique corporelle, mais aussi la musique, le récit, les costumes et les décors, confectionnent les émotions. D'un autre côté, le mouvement des pensées, visibles chez les danseurs comme chez les spectateurs, à travers une sorte de dialogue intérieur participant à la fabrication des émotions individuelles. Enfin, le mouvement collectif des émotions échangées entre les danseurs et les spectateurs, dans un va-et-vient permanent, nécessaire à la construction de la matière chorégraphique. La méthodologie, qualitative, a été constituée de manière à saisir les différents temps de cette confection émotionnelle. Les observations directes, réalisées durant les répétitions, permettent de saisir, en amont, comment une technique de danse fabrique les émotions. L'observation participante lors des spectacles offre l'illustration, intime, du vécu corporel et émotionnel d'un spectateur : le ballet devient expérience, les spectateurs, acteurs de la soirée en train de se faire. Enfin, les entretiens, réalisés auprès des danseurs et des spectateurs, fournissent une matière sensible à la réflexion, tournée vers une sociologie compréhensive. Au final, la thèse présente les émotions comme « le corps » des relations sociales. Au travers elles, les individus se saisissent les uns des autres, soulignent leurs différences ou leurs similitudes, s'adaptent ou non au groupe, selon la « prise » ou la « déprise » des émotions du ballet sur eux.