Thèse soutenue

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Auteur / Autrice : Hélène Blake
Direction : Yann Algan
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Analyse et politique économiques
Date : Soutenance en 2012
Etablissement(s) : Paris, EHESS

Résumé

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Cette thèse étudie de manière empirique différentes facettes des comportements des seniors dans le cadre d'une individualisation des choix de retraite liée aux réformes des systèmes d'assurance vieillesse. Les deux premiers chapitres sont des analyses de l'impact du travail sur la santé où j'utilise les réformes du régime général de retraite français comme des chocs exogènes. La santé est évaluée sur deux critères : le bien-être (physique, mental, social) et la mortalité. Je montre les effets nocifs du travail sur la santé physique et qu'il augmente la mortalité. La nature et l'ampleur des effets sont toutefois très hétérogènes selon le sexe, le niveau d'éducation ou de revenu. Les personnes les moins éduquées subissent plus fortement les dommages physiques liés au travail et les femmes améliorent plus que les hommes leur sociabilité suite à leur départ en retraite. Le temps de travail durant la vie accroit la mortalité des hommes ayant les retraites les plus basses (moins de 954 euros mensuels), alors que les autres groupes de revenus sont plus affectés par l'âge de départ en retraite. Le troisième chapitre est une comparaison de la rigidité des taux d'emploi des seniors face aux réformes de retraite dans les pays de l'OCDE. Sans que l'on puisse réellement conclure à un lien causal, les réformes des retraites ayant pour objet une hausse de l'emploi des seniors sont beaucoup plus efficaces lorsque les relations de travail sont considérées harmonieuses. De plus, la rigidité de l'emploi s'accompagne d'une forte dispersion des opinions sur cette question au sein de la population. L'origine des hétérogénéités de comportement doit être analysée. Le quatrième chapitre se penche sur l'une d'entre elles : les différences d'expériences en termes de choc économique chez les seniors. Je montre que la croissance économique durant l'enfance rend les gens plus optimistes concernant le futur de l'économie américaine. Les fils de chômeurs sont plus pessimistes que le reste de la population concernant leur propre futur sur le marché du travail. Ce pessimisme ne se justifie pas car ils sont moins susceptibles de se faire renvoyer de leur emploi. De plus, ils font preuve d'une plus forte aversion au risque et l'incertitude puisqu'ils ont moins tendance à placer leur capital sur les marchés financiers et ils ont plus tendance à encadrer leur héritage à travers la rédaction d'un testament. Des allocations chômages suffisamment élevées permettent de réduire, voir d'annuler ce phénomène.