Thèse soutenue

L'État et les illégalismes sexuels : ethnographie et sociohistoire du contrôle policier de la prostitution à Paris

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Auteur / Autrice : Gwénaëlle Mainsant
Direction : Didier Fassin
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sociologie
Date : Soutenance en 2012
Etablissement(s) : Paris, EHESS

Résumé

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Alliant ethnographies en terrain policier, archives et sources de presse, cette thèse propose une analyse sociohistorique du contrôle policier de la prostitution à Paris de 1946 à 2008. A l’échelle de la police, la thèse souligne l’absence d’une politique de la sexualité unifiée et cohérente. La sociohistoire de la brigade des mœurs montre la progressive disparition de l’objet « mœurs » dans le contrôle policier durant la seconde moitié du XXe siècle. En vigueur depuis 2003, la loi pour la sécurité intérieure fournit un cas d’école pour analyser à l’échelle de plusieurs groupes professionnels un cadre juridique marqué par des contradictions et par une forte indétermination et comment routines et hiérarchies professionnelles policières participent à produire le droit « par le bas ». Contribution à une anthropologie politique et morale, cette thèse analyse à l’échelle des pratiques d’évaluation morale des individus (proxénètes et prostitué-e-s) par les street-level bureaucrats, la tension entre logiques compassionnelle et répressive et les articulations entre les dimensions morale et professionnelle. L’attention prêtée aux processus de catégorisation des clientèles policières permet également de montrer comment la définition policière de la prostitution contribue à produire tout autant le genre des populations contrôlées que celui des contrôleurs. Enfin, cette thèse analyse de la réception des discours publics dans la rhétorique professionnelle policière et de la production et de la diffusion des savoirs policiers, comment se construit « par le bas » la pensée d’Etat dans le cas du contrôle de la prostitution.