Thèse soutenue

Iconographie et art monumental dans l'espace féodal du Xème au XIIème siècle : le thème des Rois Mages et sa diffusion

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Auteur / Autrice : Mathieu Beaud
Direction : Daniel Russo
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire de l'art
Date : Soutenance le 10/12/2012
Etablissement(s) : Dijon
Ecole(s) doctorale(s) : Ecole doctorale Langages, Idées, Sociétés, Institutions, Territoires (Dijon ; 2007-2016)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Archéologie, terre, histoire, sociétés (ARTEHIS) (Dijon)
Jury : Président / Présidente : Guy Lobrichon
Examinateurs / Examinatrices : Eliana Magnani Soares-Christen
Rapporteurs / Rapporteuses : Guy Lobrichon, Andreas Hartmann-Virnich

Résumé

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Cette thèse porte sur l’iconographie des Rois mages du Xe au XIIe siècle à travers l’étude de son adaptation sur supports monumentaux dans l’Occident latin, pour déceler la reformulation du thème dans la « société féodale ». Pour ce faire, le premier fil conducteur est la conception du statut royal qu’acquièrent les Mages de l’Évangéliste Matthieu au Xe siècle, analysée parallèlement à celle de la figure dirigeante élaborée sur cette période et décrite par Marc Bloch dans Les Rois thaumaturges (1924) et par Ernst Kantorowicz dans Les deux corps du Roi (1957). L’optique est de définir la place des nouveaux Rois mages dans les intrications de liens « d’homme à homme » dépeintes par Marc Bloch. Le second est la notion d’espace féodal, étudiée en profondeur par Robert Fossier, autour du concept « d’encellulement », et par Alain Guerreau qui applique cette idée à l’espace sacré. La notion d’espace féodal régit à la fois le corpus des décors étudiés, leur intégration dans l’espace ecclésial et la conception de l’espace iconique lui-même. Une analyse phénoménologique fait ainsi apparaître une figure des personnages dans l’« imaginaire féodal », pleinement investis de la fonction royale et de son aura, trouvant leur place dans un système mental que l’analyse de grands ensembles iconographiques permet de définir. En tant que figures universelles abstraites, les Rois mages forment ainsi une projection claire de l’idée de groupe, modulée selon diverses consciences fédératrices, de sa cellule la plus restreinte à l’universalité chrétienne.