Thèse soutenue

Les animitas du Chili ou l'espace public de la ville contemporaine confronté à des croyances ancestrales conduisant à l'édification spontanée d'édifices pérennes

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Auteur / Autrice : Gonzalo Lautaro Ojeda Ledesma
Direction : Daniel Le Couédic
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Aménagement de l'espace, urbanisme
Date : Soutenance le 10/12/2012
Etablissement(s) : Brest
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences humaines et sociales (Rennes)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut de géoarchitecture
Jury : Président / Présidente : Lucie K. Morisset
Examinateurs / Examinatrices : Daniel Le Couédic, Lucie K. Morisset, Marcus Zepf, Laurent Devisme, Jean-François Simon
Rapporteurs / Rapporteuses : Lucie K. Morisset, Marcus Zepf

Mots clés

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Résumé

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De nombreux édicules appelés Animitas, souvent modestes mais parfois monumentaux, se remarquent au Chili, dans les villes et le long des routes, souvent en position incongrue eu égard aux logiques rationalistes qui prévalent désormais dans la gestion des territoires. Ils commémorent des décès tragiques, naturels ou violents, intervenus sur l’espace public. Élevés sans autorisation, dépourvus de statut laïc ou religieux, ils n’en tiennent pas moins un rôle majeur dans la perception et les pratiques populaires de l’espace, qu’ils viennent sacraliser sous diverses formes, sans contrarier la vie quotidienne. Les rares tentatives pour les détruire ou les déplacer ont échoué ou se sont avérées d’authentiques traumatismes, tant les Animitas contribuent à l’appropriation des lieux et à l’instauration d’une relation avec l’invisible recherchée par une grande partie de la population. Dès lors, on est fondé à s’interroger sur la manière dont l’urbanisme peut traiter un tel phénomène. Peut-il intégrer ces édicules imprévus et les pratiques afférentes, en tirer des servitudes ou des directives ? Peut-il, dans un état laïc et dans un droit fondé sur la raison, contrevenir à la fonctionnalité pour instaurer une approche socio-spirituelle ? La recherche a d’abord consisté à inventorier largement les Animitas du Chili, puis à s’attarder spécialement sur celles de Valparaiso, qui ont fait l’objet d’un recensement exhaustif. Ce matériau a permis de construire des typologies qui ont été confrontées au contenu d’entretiens réalisés auprès de constructeurs d’Animitas et de pratiquants. Ce qui a conduit à préciser les conditions de leur édification, de leur élévation à certains statuts et de leur évolution. Cette partie du travail a mis en évidence le recyclage de certaines croyances et pratiques pré-hispaniques ; elle a également permis d’esquisser des catégories d’où ont été tirées quelques hypothèses sur la stabilité du phénomène et la nécessité de le prendre en considération dans la gestion des villes contemporaines et du territoire chiliens.