Thèse soutenue

Rôle des iron Regulatory Proteins dans la régulation du métabolisme cellulaire du fer par le monoxyde d'azote

FR  |  
EN  |  
RU
Auteur / Autrice : Agnieska Stys
Direction : Cécile BoutonPawel Lipinski
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Biochimie, Biologie cellulaire et moléculaire
Date : Soutenance le 25/10/2011
Etablissement(s) : Paris 11 en cotutelle avec Polish Academy of Sciences, Institute of Genetics and Animal Breeding
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Signalisations et réseaux intégratifs en biologie (Le Kremlin-Bicêtre, Val-de-Marne ; 2000-2015)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut de chimie des substances naturelles (Gif-sur-Yvette, Essonne ; 1959-....) - Polish Academy of Sciences, Institute of Genetics and Animal Breeding
Jury : Président / Présidente : Jacek A. Modlinski
Examinateurs / Examinatrices : Josef Dulak, Jean-Marc Moulis, Grzegorz Bartosz
Rapporteurs / Rapporteuses : Josef Dulak, Jean-Marc Moulis, Grzegorz Bartosz

Résumé

FR  |  
EN

Les Iron Regulatory Proteins 1 (IRP1/2) sont des protéines cytosoliques qui contrôlent l’homéostasie du fer chez les mammifères. Elles régulent la concentration de fer intracellulaire au niveau post-transcriptionnel, en interagissant spécifiquement avec des motifs appelés iron responsive élément (IREs). Ces motifs sont localisés dans les régions non traduites des ARNm codant notamment pour la ferritine (Ft), la ferroportine (Fpn) et le récepteur de la transferrine (TfR1). L’IRP1 est une protéine bifonctionnelle, majoritairement exprimée sous une forme contenant un centre [4Fe-4S] qui présente une activité aconitase. Les deux activités de l’IRP1 (aconitase/trans-régulateur) s’excluent mutuellement par la présence ou non du centre Fe-S. L’IRP2 est exprimée constitutivement sous une forme liant les IREs. Le monoxyde d’azote (NO), une importante molécule de signalisation impliquée dans les défenses immunitaires, cible le centre Fe-S de l’IRP1 et permet la conversion de l’IRP1 de sa forme aconitase vers sa forme liant les séquences IREs. Il a également été rapporté que l’IRP2 détecterait NO, cependant la fonction intrinsèque de l’IRP1 et de l’IRP2 dans le contrôle du métabolisme du fer intracellulaire en réponse à NO reste à ce jour non élucidée. Dans cette étude, nous avons identifié le régulateur principal du métabolisme du fer intracellulaire en réponse à NO, en utilisant des modèles de souris déficients pour les gènes IRP1 et/ou IRP2 et testé la contribution de la tension en oxygène dans cette régulation. Ainsi, nous avons exposé des macrophages primaires issus de la moelle osseuse de souris Irp1-/-, Irp2-/- et de souris Irp1-/- Irp2-/- de la lignée macrophagique à une source de NO, sous différentes tensions en oxygène. Les activités IRPs, l’expression des gènes Ft, Fpn et TfR1 ainsi que l’activité d’une protéine à centre Fe-S (l’aconitase mitochondriale) ont été mesurées après fractionnement cellulaire. Nous avons montré qu’en normoxie, la conversion de l’aconitase cytosolique en apo-IRP1 par NO est entièrement responsable de la régulation post-transcriptionnelle des ferritines (L-Ft et H-Ft), de la Fpn et du TfR1. En augmentant le transport du fer intracellulaire et en diminuant le stockage et l’export, l’activation de l’IRP1 par NO servirait à maintenir des taux de fer intracellulaire suffisants pour alimenter la biogenèse des centres Fe-S après l’arrêt des flux de NO. En effet, nous observons une restauration efficace de l’activité de l’aconitase mitochondriale dans les macrophages de souris sauvage alors qu’elle est bloquée dans les macrophages de souris Irp1-/-. De plus, l’IRP1 activée par NO, permet également de diminuer les taux de L- et H-Ft, anormalement élevée dans les macrophages de souris Irp2-/-. Nous montrons que le NO endogène active l’IRP1 sous sa forme trans-régulatrice alors qu’il tend à diminuer l’activité de l’IRP2. Néanmoins, l’IRP1 reste le régulateur principal des ferritines en conditions de normoxie. En condition hypoxique, les deux IRPs semble coopérer pour inhiber la traduction des ferritines car dans les macrophages Irp1-/-exposés à NO, l’IRP2 stabilisée est suffisante pour inhiber la traduction de la L- et H-Ft et ceci malgré l’activation transcriptionnelle des gènes de la L- et H-Ft. Concernant la régulation du TfR1 par NO et en hypoxie, TfR1 est principalement régulé par une voie transcriptionnelle dominant largement la voie post-transcriptionnelle impliquant l’IRP1. Le facteur de transcription HIF-1 alpha pourrait être le régulateur critique dans cette régulation. En conclusion, nous montrons dans cette étude, comment le regulon IRP participe à la régulation du métabolisme du fer intracellulaire en réponse à NO et son étroite connexion avec la concentration en oxygène. Nos résultats soulignent l’importance d’explorer davantage le rôle de l’IRP1 dans des situations inflammatoires in vivo, où les tissus peuvent être exposé à un microenvironnement non hypoxique.