Le poème instrument : poésie et matérialisme dans l'oeuvre de Bertolt Brecht
| Auteur / Autrice : | Florent Lahache |
| Direction : | Catherine Perret |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Esthétique |
| Date : | Soutenance le 12/12/2011 |
| Etablissement(s) : | Paris 10 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Connaissance, langage, modélisation (Nanterre, Hauts-de-Seine ; 1992-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Jean-Louis Besson |
| Examinateurs / Examinatrices : Catherine Perret, Jean-Louis Besson, Antonia Birnbaum, Pierre-Damien Huyghe, Olivier Neveux | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Antonia Birnbaum, Pierre-Damien Huyghe | |
| DOI : | 10.70675/750aaee5z03daz4c64z8b87z48124e0e44a8 |
Mots clés
Résumé
Cette thèse de doctorat de philosophie, initiée en 2005, a pour objet d’étude l’œuvre poétique de l’écrivain allemand Bertolt Brecht (1898-1956). Par son titre (« Le poème instrument »), elle entend désigner une contradiction consubstantielle à tout art politique et singulièrement radicalisée dans l’écriture poétique : celle qui oppose la pratique d’un art lyrique, valant pour lui-même, et la revendication d’une utilité sociale de l’écriture, qui la soumet à une finalité extérieure. En assumant dans son écriture cette exigence instrumentale, le poète s’expose en effet au risque de succomber à la fonctionnalisation de la langue, telle que justement la raison marchande la soutient et à laquelle il s’agit cependant de s’opposer. Comment la poésie peut-elle se définir comme instrument sans abolir la teneur proprement artistique de sa production ? Comment maintenir dans un même geste la consistance poétique et l’efficacité politique ?Cette thèse étudie le corpus des poèmes brechtiens écrits depuis le milieu des années 1920 jusqu’à la fin des années 1940 avec pour ambition de repérer les opérations formelles que le poète mobilise dans chacun des moments politiques qu’il rencontre : la République de Weimar (la poésie cynique), le Troisième Reich (la poésie anti-fasciste), la seconde Guerre mondiale (la poésie d’exil). Nous entendons montrer la façon dont un matérialisme singulier s’y élabore, dans un rapport à la fois inventif et dissident à l’égard la tradition dialectique marxiste.