L’esthétique du jeu dans les Alice de Lewis Carroll
| Auteur / Autrice : | Virginie Iché |
| Direction : | Claire Bazin, Jean-Jacques Lecercle |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Langues et littératures anglaises et anglo-saxonnes |
| Date : | Soutenance le 19/11/2011 |
| Etablissement(s) : | Paris 10 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Lettres, langues, spectacles (Nanterre, Hauts-de-Seine ; 2000-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Michel Morel |
| Examinateurs / Examinatrices : Claire Bazin, Jean-Jacques Lecercle, Michel Morel, Monique de Mattia-Viviès, Lawrence Gasquet | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Monique de Mattia-Viviès, Lawrence Gasquet |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Cette thèse consiste en l’analyse du jeu dans les deux œuvres littéraires majeures de Lewis Carroll, Alice’s Adventures in Wonderland et Through the Looking-Glass, œuvres qui accordent la part belle au jeu, tant au niveau diégétique, narratologique que stylistique et linguistique. Il en ressort qu’une tension entre liberté et règle (entre paidia, l’expression impulsive d’un instinct de jeu, et ludus, le besoin de créer des règles et de s’y plier, pour utiliser les termes de Caillois) traverse les Alice. L’étude des jeux et jouets, des macro- et micro-structures, du style et des intertextes, permet d’affirmer que ces deux volumes sont résolument ludiques, car ils reposent sur une légaliberté, une liberté dans et par une légalité (Duflo). Ils jouent avec et contre les attentes, la langue et les connaissances du lecteur de sens commun. Toutefois, dans le même temps, le champ d’action du lecteur virtuel est considérablement restreint : ses facultés d’idéation sont orientées par l’imbrication du texte et des illustrations, et sa participation à la construction du texte carrollien se borne à compléter les « blancs » textuels, tel que Eco les définit, c’est-à-dire à faire ressurgir les déjà-dits qui ont été effacés. Les œuvres carrolliennes sont ainsi caractérisées par ce paradoxe : alors que la diégèse et l’économie textuelle semblent promouvoir le jeu, le rôle du Lecteur Modèle prévu par le texte est extrêmement réduit. Cependant, il est possible pour le lecteur réel, interpellé par le texte carrollien et son Auteur, d’endosser le rôle de Lecteur Imposteur, de les contre-interpeller, et de devenir, par ce processus de subjectivation, un lecteur pleinement joueur. Il s’avère alors que la légaliberté permet non seulement de saisir l’esthétique du jeu, mais aussi la formation des sujets (personnages, auteurs, lecteurs) à l’œuvre dans les Alice.