Métiers à vendre : Rationalisations du travail et désillusions professionnelles dans les grands réseaux d’enseignes du commerce et des services d’un centre commercial
| Auteur / Autrice : | Julien Choquet |
| Direction : | Danièle Linhart |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sociologie |
| Date : | Soutenance en 2011 |
| Etablissement(s) : | Paris 10 |
Mots clés
Résumé
L’histoire des centres commerciaux français révèle le caractère hégémonique de la rationalité qui pèse sur leur organisation spatiale, marchande et économique. Leur modèle économique est celui de la consommation de masse. Les commerces et services qu’ils abritent ne peuvent y échapper si bien qu’une sociologie du travail qui les prend pour objet ne peut ignorer le caractère industriel de leur organisation du travail. Les entretiens biographiques et les observations menés dans les enseignes d’un grand centre commercial français le rappellent. Ces établissements partagent un même socle organisationnel articulant déqualification du travail et rationalisation des temps de travail. Ces préceptes reconfigurent sans cesse l’activité des salariés qui assistent à la transformation de leur métier, à la diminution de leur autonomie ou encore à l’appauvrissement et à l’intensification du travail. C’est à la lumière de ces évolutions que se comprend la pénibilité d’un travail qu’ils ne parviennent plus à dominer. Les moyens mis à leur disposition ne suffisent plus à contenir les flux de clientèle et de marchandises ou encore à maintenir la cordialité des échanges avec les clients. L’urgence se généralise et les situations de débordement se multiplient, ce qui génère épuisement et stress. Ces désagréments se manifestent essentiellement dans la sphère privée et ce de manière différenciée en fonction de la situation sociale des salariés. Toutefois, au-delà de ces disparités, tous témoignent d’une inquiétude sur le devenir de leur travail, sur le sens et sur la place que celui-ci leur confère autour du sentiment, largement partagé, que celui-ci se déshumanise.