Thèse soutenue

Langage et cognition spatiale en anglais et en français : perspectives translinguistiques en aphasie

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Auteur / Autrice : Efstathia Soroli
Direction : Maya Hickmann
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Psycholinguistique
Date : Soutenance en 2011
Etablissement(s) : Paris 8

Résumé

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Les langues présentent des variations considérables quant à la façon dont elles lexicalisent ou grammaticalisent l’information relative au mouvement. Ainsi, les langues à cadrage satellitaire (par ex. L’anglais) lexicalisent la Manière du mouvement dans la racine verbale et expriment la Trajectoire dans des satellites; en revanche, les langues à cadrage verbal (par ex. Le français) lexicalisent la Trajectoire et laissent la Manière implicite ou périphérique. Vu leur impact important sur l’organisation de l’information en production, de telles différences ont renouvelé le débat concernant la relation entre langage et cognition. Par ailleurs, elles sont aussi très pertinentes pour l’étude du dysfonctionnement langagier, et plus particulièrement celle du locuteur aphasique qui présente typiquement des dissociations diverses aux niveaux lexical et/ou grammatical. Malgré un intérêt croissant pour les recherches translinguistiques en aphasiologie, peu d’informations sont encore disponibles concernant l’incidence potentielle de la langue sur les déficits de l’agrammatique. Cette recherche comparative examine l’impact des propriétés générales et spécifiques de deux langues, l’anglais et le français, sur la représentation du mouvement auprès de locuteurs sains et souffrant d’agrammatisme dans des contextes monolingues et bilingues. La méthodologie met en relation différents comportements au moyen d’une série de tâches expérimentales complémentaires (production, compréhension, catégorisation verbale/non-verbale), qui sont associées à des mesures de l’attention (suivi des mouvements oculaires). Les résultats montrent que les propriétés typologiques des langues ont un impact sur les processus de structuration du langage spatial ainsi que sur l’organisation conceptuelle de l’espace au-delà de l’utilisation du langage (par ex. Choix catégoriels, mouvements oculaires). Cette étude ouvre des nouvelles perspectives pour une approche translinguistique/typologique de l’aphasie et contribue plus généralement aux débats sur les dimensions universelles et variables des processus cognitifs d’une langue à l’autre.