Thèse soutenue

Wittgenstein : l'envers de l’œuvre

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Auteur / Autrice : Laurence Aly
Direction : Pierre-Gilles GuéguenFabienne Hulak
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Psychanalyse
Date : Soutenance en 2011
Etablissement(s) : Paris 8

Résumé

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Dans L'envers de la psychanalyse, Lacan déclare que la philosophie de Wittgenstein est une extraordinaire parade à la vérité du maître que cache le désir de savoir dans le discours universitaire. Nous montrons qu'à la différence des philosophes qui veulent capter le désir de l'autre en occupant la place du Grand Autre, Wittgenstein ne veut pas sauver la vérité, ce qui ne va pas sans une position subjective psychotique pour autant que la vérité chez lui, n'est pas un roc mais bien plutôt ce dont il ne veut rien savoir. Aussi philosophe-t-il sans la vérité, déjouant ainsi ce qui s'impose de la vérité du symptôme et s'opposant à tout mi-dire. Rien ne peut se dire d'elle car il faudrait pour ce faire occuper une position d'extériorité par rapport au langage : la vérité est identifiée à l'indicible de telle sorte qu'elle se trouve être neutralisée. Nous faisons ainsi apparaître que l'opération wittgensteinienne force la vérité à se taire: elle procède du rejet de l'inconscient. Sur son pommier, nous dit Lacan, il n'y a pas de fruit : son œuvre n'est pas faite pour plus-de-jouir et tue le désir de savoir en débusquant le croire dans le savoir. Aussi, philosopher sans la vérité est aussi bien un nom de sinthome pour autant que s'y découvre une jouissance opaque qui exclut le sens-joui dans la mesure où celui-ci se trouve court-circuité par les butées logiques que Wittgenstein découvre dans le langage comme limite artificielle du sens: il y a de l'inexprimable. Notre discussion finale porte sur la question de savoir si Wittgenstein incarne le sinthome: peut-il l'incarner dès lors qu'il bride sa parole par le féroce impératif: « Sur ce dont on ne peut parler, il faut se taire »?