Thèse soutenue

« Atterrer les rieurs » : Jean-Jacques Rousseau entre la gaieté et la risée (1712-1778)

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Auteur / Autrice : Anne-Isabelle Fradet
Direction : Michel Delon
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Littérature française
Date : Soutenance le 16/06/2011
Etablissement(s) : Paris 4
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Littératures françaises et comparée (Paris ; 1992-....)
Jury : Président / Présidente : Jacques Berchtold
Examinateurs / Examinatrices : Michel Delon, Michèle Crogiez Labarthe, Jean-François Perrin

Résumé

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Contrairement aux idées reçues, Jean-Jacques Rousseau a aimé le rire et la gaieté : différents écrits, souvent allègres, depuis les œuvres autobiographiques jusqu’à ses comédies, nous le prouvent. La Correspondance Complète le confirme : goût du comique, badinage, rire sentimental, bonhomie et même humour caractérisent le Citoyen de Genève que l’on oppose traditionnellement à Voltaire pour son manque de légèreté. Bien plus, les notions de gaieté et le rire s’intègrent à son système philosophique, et contribuent à enrichir sa conception de la société, de l’éducation, de l’enfance et même des femmes – bien au-delà de la seule Lettre à d’Alembert. Inversement, l’écrivain s’est méfié de manière innée du rire de dérision, et surtout du persiflage, dont il s’est vu la victime dans les salons de Paris. De plus, à partir de 1750 et surtout de la réforme de 1756, le Citoyen, devenu le ‘’pourfendeur des rires’’ sur le plan intellectuel et moral, devient lui-même, progressivement, la risée de Paris, de Genève et de Londres (de la part de personnalités aussi différentes que Palissot, Voltaire, Walpole, Grimm ou Diderot) – au point d’imaginer l’existence du « complot » en 1766 à Wootton, et d’y perdre un peu de sa « raison » - mais jamais vraiment de sa gaieté originelle.