Thèse soutenue

Trois questions sur le modelage des films - Les obstacles visuels, la pesanteur et la durée

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Auteur / Autrice : Vincenzo Borlizzi
Direction : Jacques Aumont
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Études cinématographiques et audiovisuelles
Date : Soutenance le 30/03/2011
Etablissement(s) : Paris 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Arts et médias (Paris)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut de recherche sur le cinéma et l'audiovisuel (Paris)
Jury : Président / Présidente : Laurence Schifano
Examinateurs / Examinatrices : Jacques Aumont, Laurence Schifano, Vincent Amiel, Alain Bergala

Mots clés

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Résumé

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Cette recherche naît de l’interaction entre deux idées d’Eisenstein : en 1934 il affirma qu’un film est plus résistant que le granit, mais l’année d’après il soutint qu’il n’y aucune réalité physique dans les films, que de reflets et des ombres grises. La question de ce travail est donc : un réalisateur peut il toucher son film ? Un film n’est pas un objet. La contradiction entre les deux idées d’Eisenstein peut être dépassée si les films commencent à être étudiés au-delà de l’analogie “ombre-granit”, sans des mots qui chosifient les images. Si chaque image peut être étudiée en tant que partie intégrante d’un film, si chaque film peut être considéré comme un corps visuel suggérant des questions et devenant une matière de la pensée visuelle, alors les idées d’Eisenstein ne peuvent pas seulement exprimer la force physique d’un film, mais aussi un outil qu’un réalisateur peut développer pour modeler son œuvre : les ombres et les éclairages. La question peut être redéfinie : comment un réalisateur pourrait-il toucher son film ? Comment un film pourrait-il proposer des questions à propos de sa forme visuelle et de son interaction avec les forces physiques qui essaient de le modeler ?Cette étude n’impose pas de définition dogmatique sur le modelage, mais elle essaie d’approfondir trois chemins : la création par le biais des éclairages et des obstacles visuels dans les films de Bergman avec l’actrice Harriet Andersson ; le modelage et le problème de la pesanteur des corps dans certaines œuvres de Ford et Hitchcock ; les parcours du modelage pour exprimer la durée des corps humains (les yeux de Vera Miles) ou extrahumains (la désagrégation des coings à cause de la lumière).