La décolonisation de l'AEF selon Foccart : entre stratégies politiques et tactiques sécuritaires (1956-1969)
| Auteur / Autrice : | Jean-Pierre Bat |
| Direction : | Pierre Boilley |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Histoire contemporaine de l'Afrique |
| Date : | Soutenance en 2011 |
| Etablissement(s) : | Paris 1 |
Résumé
L'Afrique centrale « française » (ex-AEF) fonctionne comme le laboratoire de la politique africaine de la France, et Foccart apparaît comme l'architecte des intérêts français en Afrique. Développant une stratégie d'alliance pragmatique avec le RDA et ses partis frères à l'horizon des indépendances, il est confronté à l'exécution technique et tactique de cette politique dite du pré-carré. A la charnière entre ces deux sphères se nichent différents intermédiaires, officiels ou officieux, qui deviennent les chevilles ouvrières de l'influence française auprès des chefs d'Etats. Dans un premier temps (1958-1960), il s'agit de garantir les conditions d'une Pax Gallica, par une géographie politique fondée sur la « balkanisation », au nom d'une « théorie des dominos ». En 1960, Brazzaville devient le bastion franc;ais en Afrique centrale ou se forge empiriquement une première « méthode Foccart », caractérisée par l' emploi des services de renseignement, le recours à des missi dominici et l'ingérence dans les grands ensembles régionaux. La chute de Youlou en 1963 provoque un traumatisme parmi les « amis de la France» et oblige Foccart a repenser son action autour de trois notions: endiguer les coups d'Etat au sein du pré-carré, refouler les ingérences étrangères qui espèrent profiter du premier cycle de contestation (1963-1969) et gérer Ie nouvel équilibre de la zone.