Thèse soutenue

L'utopie dans la littérature française de l'aube du classicisme à l'aube des lumières

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Auteur / Autrice : Ilinca Bartha
Direction : Olivier LeplâtreJean-Pierre Landry
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Langue et Littérature françaises
Date : Soutenance le 21/04/2011
Etablissement(s) : Lyon 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Lettres, langues, linguistique, arts (Lyon)
Jury : Examinateurs / Examinatrices : Jean-Pierre Landry
Rapporteurs / Rapporteuses : Anthony Mckenna, Joël Thomas

Résumé

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Complexe et mystérieuse, l’utopie représente sans doute l’une des notions dont la longue carrière dans l’histoire de la pensée et de la culture humaines est incontestable. Compte tenu de cette grande richesse conceptuelle, notre analyse de l’utopie dans la littérature française de l’aube du classicisme à l’aube des Lumières commence par l’esquisse du cadre théorique de l’utopie, à partir du mot lui-Même, des multiples significations qu’il a reçues au long du temps et par la mise en évidence des deux paradigmes qui le caractérisent, à savoir un paradigme théorique et un paradigme littéraire. Tout en suivant l’origine et les métamorphoses du concept d’utopie jusqu’à son évolution vers un genre littéraire particulier, nous nous sommes arrêtée sur un corpus de textes qui témoignent, à notre avis, à la fois de la consécration, de la maturité et de l’élasticité du genre utopique, il s’agit des deux romans de Cyrano de Bergerac, Les États et Empires de la Lune et du Soleil, du roman de Gabriel de Foigny, La Terre australe connue, des Aventures de Télémaque de Fénelon et des trois pièces de Marivaux, L’île des esclaves, L’île de la raison et La Colonie. À la lumière de la signification duale du terme créé par More, à savoir celle de lieu de nulle part (« ou-Topos »), mais aussi celle de lieu de bonheur (« eu-Topos »), nous avons divisé notre étude en deux grandes parties, l’une consacrée à l’analyse de l’espace utopique et l’autre à l’analyse de la société utopique. Plurivalent et hétérogène, l’espace utopique suit, dans chacun des ouvrages analysés, quelques principes généraux tels que l’insularité, l’altérité et l’isolement, tout en prenant, en même temps, des configurations à part, ce qui témoigne à la fois de l’identité particulière de chaque œuvre choisie et du réseau de significations qui se tisse entre elles. L’analyse de la société utopique est elle aussi une source extrêmement riche d’observations et de conclusions et s’appuie sur trois coordonnées majeures : l’altérité de la société utopique, sa nature idéale et sa critique implicite de la société humaine. Derrière ces piliers théoriques, nous retrouvons la description effective de la société utopique, avec le portrait de l’Utopien, le procès de l’homme et de nombreux aspects économiques, politiques et organisationnels qui caractérisent toute communauté.