Le serpent, mère de l'eau : chamanisme aquatique chez les Cocama-Cocamilla d'Amazonie péruvienne
| Auteur / Autrice : | Roxani Rivas Ruiz |
| Direction : | France-Marie Renard-Casevitz |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Anthropologie sociale |
| Date : | Soutenance en 2011 |
| Etablissement(s) : | Paris, EHESS |
Mots clés
Résumé
Les Cocama-Cocamilla sont des Indiens blancs d'Amazonie péruvienne dont la culture est plus influencée par le fleuve que par la forêt. Le chamane, personnage central du groupe, devient à sa mort, mère du lac, c'est-à-dire, serpent aquatique. Or, le souffle du serpent joue un rôle cosmogonique. Il provoque un tourbillon dans le lac, faisant ainsi communiquer avec l'au-delà. Ce mouvement est une aspiration cannibale et le chamane qui incarne ce serpent est également perçu de cette façon. L notion de personne, les rites liés à la naissance, au développement et à la mort s'inscrivent dans ce contexte où domine la pensée analogique. Le chamane intervient comme acteur des rites qui mettent en oeuvre les chants et ponctuent la construction de la personne. Tous les récits cocama recueillis renvoient au rôle du chamane. Celui-ci est le fleuve, l'eau courante et aussi le lac qui constituent l'identité de ce peuple. Les relations d'alliance sont à l'image de la circulation du fleuve malgré l'endogamie majoritaire. Il s'ensuit que la destruction du lac par la pollution entraînerait la destruction de la culture cocama.