Thèse soutenue

La xénophobie dans le Midi viticole (1880-1914)

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Auteur / Autrice : Solange de Fréminville
Direction : Gérard Noiriel
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire et civilisations
Date : Soutenance en 2011
Etablissement(s) : Paris, EHESS
Jury : Examinateurs / Examinatrices : Gérard Noiriel, Marie-Claude Blanc-Chaléard, Laurent Dornel, Nancy L. Green, Natacha Lillo

Résumé

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Notre objectif est de comprendre comment et pourquoi s'exacerbe la xénophobie, c'est-à-dire l'hostilité aux étrangers, entre 1880 et 1914, dans le Midi viticole - un phénomène déjà observé ailleurs en France. Le « Midi viticole » désigne une région, entre Rhône et Pyrénées, marquée par l'expansion d'une monoculture viticole intensive au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. Bien que l'immigration y soit relativement faible, une cinquantaine d'actes xénophobes dirigés contre des ouvriers italiens et espagnols se produisent entre 1880 et 1914. Adoptant la démarche de la socio-histoire, nous avons analysé comment se met en place une logique nationale à deux niveaux, dans les dicours publics et dans l'action administrative. Le tournant des années 80 est significatif : au moment où l'État-nation républicain étend son emprise et où la crise s'aggrave, de nouveaux acteurs locaux de l'espace public, en particulier la presse populaire radicale régionale, politisent le « problème » des étrangers. L'administration locale prend les premières mesures sécuritaires ciblant les non nationaux et soutient la protection du travail national. Ces évolutions s'accentuent dans les années 1890, contribuant à étendre la xénophobie parmi des ouvriers sans qualification ou qualifiés, déracinés ou établis, en milieu rural ou urbain, qui s'en prennent aux immigrants pour manifester leur mécontentement et être entendus. Mais en 1904, la multiplication des grèves communes d'ouvriers agricoles nationaux et étrangers modifie leurs relations, même si ces grèves sont contrecarrées par un mouvement de défense du « Midi viticole ». Mouvements xénophobes et solidaires coexistent désormais.