Thèse soutenue

La matrice morphologique de la pensée esthétique de Maurice Merleau-Ponty

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Auteur / Autrice : Simone Frangi
Direction : Pierre RodrigoSalvatore Tedesco
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Philosophie
Date : Soutenance le 25/03/2011
Etablissement(s) : Dijon en cotutelle avec Università degli studi (Palerme, Italie)
Ecole(s) doctorale(s) : Ecole doctorale Langages, Idées, Sociétés, Institutions, Territoires (Dijon ; 2007-2016)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre Georges Chevrier. Sociétés et Sensibilités (Dijon ; 2014-....)
Jury : Président / Présidente : Luigi Russo
Rapporteurs / Rapporteuses : Renaud Barbaras, Mauro Carbone

Résumé

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AL'objectif de cette recherche est une réinterprétation de la pensée esthétique de Maurice Merleau-Ponty visant à la découverte de sa matrice morphologique, c’est-à-dire de sa pertinence et de ses dettes à l’égard la tradition goethéenne et de ses développements dans le domaine de la théorie de l'art et la philosophie de la nature. La thèse est divisée en trois chapitres, dont chacun cherche à mettre l'accent sur les différents aspects de cette filiation morphologique, suivant son développement dans la chronologie de la production merleau-pontienne. Le premier chapitre tente de relier la méthode morphologique et la méthode phénoménologique en évaluant la similarité de leurs contenus esthétologiques. Ce premier chapitre est organisé autour de trois concepts clés de la morphologie, à travers les quels il opère un premier examen de la philosophie merleau-pontienne, depuis ses débuts dans les années Quarante jusqu’à ses résultats ontologiques dans les années Cinquante et les années Soixante: l'ambiguïté de la notion goethéenne de forme nous permet de remonter à la genèse de la philosophie merleau-pontienne de la forme dans La structure du comportement et dans Phénoménologie de la perception; la notion corrélative de symbole permet d'aborder les notions merleau-pontiennes d’idée sensible et matrice symbolique, en les rapprochant à l’Urphänomen de Goethe; la catégorie transversale de style est configuré comme un outil d'enquête des questions morphologiques dans la pensée esthétique de la «nouvelle ontologie» (L’œil et l’esprit [1958] e le Notes de Cours au Collège de France 1958-1959 et 1960-1961). Dans ce chapitre, nous démontrons la confrontation essentielle et constante avec des expériences artistiques (Cézanne, Klee, Rodin, Bazaine et l’Ecole de Paris), convoquées par Merleau-Ponty à l'appui de ses théories esthétologiques. Le chapitre est clôt par un bref appendice sur la question de la fondation “scientifique” de l'esthétique, mis au point par une comparaison entre Merleau-Ponty et Konrad Fiedler. Cette annexe ouvre en même temps le champ de recherche du deuxième chapitre: en fait, compte tenu de la contribution à l'esthétique fournie par la psychologie et la physiologie de la perception, la thèse se plonge dans l'analyse de la voie gestaltiste de la dette merleau-pontienne de la morphologie. Le deuxième chapitre suit le passage qui porte – au sein de la production merleau-pontienne des années Cinquante – d’une philosophie de la forme à une philosophie de l’expression et il fournit la reconstruction de celle qui apparaît comme une véritable esthétique de l’expression et du mouvement. Cette recherche se fonde sur l’analyse attentive de l’inédit Le monde sensible et le monde de l’expression, actuellement conservé dans le Département de Manuscrits Occidentaux de la Bibliothèque Nationale de France et correspondant à la préparation du Cours du Jeudi tenu par Merleau-Ponty au Collège de France dans l’année académique 19952-1953. Le travail d’analyse de l’inédit nous a permis d’évaluer, en plus des inhérences déjà confirmées de l’esthétique merleau-pontienne à la Gestalttheorie (Köhler, Koffka, Wertheimer, Guillaume), une autre comparaison théorique capitale – et assez méconnue -, c’est-à-dire celle avec Viktor Von Weizsäcker par rapport les relations entre la perception et le mouvement. Le troisième chapitre se concentre sur la phase ontologique de la pensée merleau-pontienne, celle qui correspond à la production tardive de Merleau-Ponty et brusquement interrompue par sa mort prématurée en 1961. Central, dans ce troisième chapitre, est la reconstruction du destin de la notion de Gestalt dans Le visible et invisible, qui présente la novelle ontologie de la chair et un contexte philosophique complètement reformé par rapport aux écrits merleau-pontiens des années Quarante. Les paragraphes centraux de ce dernier chapitre se concentre - à travers une comparaison avec des auteurs étroitement liée à Merleau-Ponty - etc