Thèse soutenue

Politique et roman au Congo Brazzaville (1973-2003)

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Auteur / Autrice : Martin Lemotieu
Direction : Romuald Fonkoua
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Littérature française et comparée
Date : Soutenance le 18/11/2011
Etablissement(s) : Cergy-Pontoise
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Droit et Science politique (Cergy, Val d'Oise))
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire d'études juridiques et politiques (Cergy-Pontoise, Val-d'Oise)
Jury : Examinateurs / Examinatrices : Romuald Fonkoua
Rapporteurs / Rapporteuses : Xavier Garnier, Papa Samba Diop

Mots clés

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Résumé

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Au Congo Brazzaville s'est développé, depuis les Trois Glorieuses (13, 14 et 15 août 1963), un espace littéraire très créatif. La plupart de ses écrivains, et particulièrement les romanciers, sont (ont été) engagés, à des titres et à des niveaux divers, dans la vie politique effective de leur pays. Une approche sociocritique des romans congolais à partir des microlectures, dans une perspective intertextuelle, fait émerger la politique comme un moule structurateur de la plupart des fictions. L'analyse du contexte du roman congolais à thématique politique en révèle des particularités (1ère partie). Cette contextualisation permet de comprendre pourquoi le référent politique est si envahissant dans la fiction romanesque congolaise. La thématisation de la politique (2ème partie) comme sujet, motif ou topos permet une meilleure appréhension des univers imaginaires. La représentation des indépendances, des révolutions et de la vie sociale éclaire les complexes rapports entre le scribe et le prince. Les personnages des fictions se positionnent par rapport aux pouvoirs institués comme des révoltés, des révolutionnaires ou des collaborateurs. En général, ils dénoncent le vécu quotidien dans la dissidence et le refus du statu quo. Toute une rhétorique du politique ressort du traitement que les auteurs font de ce dernier (3èmepartie), et met en évidence une politique de l'écriture, à savoir des stratégies d'expression des univers politiques. Sont ainsi utilisés: le masquage par l'anthroponymie et la toponymie, le surgissement d'univers étranges (magique, merveilleux, carnavalesque, onirique, etc.) dans la trame narrative, ainsi que le recours à un langage crypté. Les postures pour dire le politique varient selon les écrivains. Qu'ils participent au pouvoir ou non, et du fait de leurs appartenance à la phratrie, tous se retrouvent en Congolie, contrée imaginaire libérée, et déclarent leurs « rêves du changement », ou leur aspirations à un mieux vivre ensemble, rendu de façon originale par Henri Djombo dans Lumières des temps perdus. Les fictions s'interrogent sur le politique, mais aussi et surtout sur l'acte d'écrire et sa finalité. Les textes posent ainsi une large problématique : la rencontre des champs politique et littéraire, la difficulté de l'écrivain à dire la politique en pays de dictature, ou le statut des valeurs.