Thèse soutenue

L'allaitement maternel : motivation d'une population française

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Auteur / Autrice : Paloma Trejo Hernandez
Direction : Stacey Callahan
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Psychopathologie et psychologie clinique
Date : Soutenance en 2010
Etablissement(s) : Toulouse 2

Mots clés

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Résumé

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En France, environ un enfant sur deux est allaité et peu d'allaitements se poursuivent au delà de trois mois. Selon les derniers chiffres, 55,4 % des femmes s'engagent dans un allaitement exclusif, et ce taux s'accroît à 62,3 % si nous prenons en compte les allaitements mixtes (Rapport européen sur la périnatalité, 2004). Ceci est encore très loin des recommandations de l'Organisation mondiale de la santé qui préconise un allaitement exclusif pendant les six premiers mois après l'accouchement suivi d'un allaitement au sein complété par l'introduction d'aliments solides jusqu'au deux ans de l'enfant. Ce projet de thèse a pour objectif d'apporter des éléments de réponse quant au faible taux et à la courte durée de l'allaitement en France en comparaison avec les autres pays de l'Europe et du monde. Dans une première partie théorique nous avons présenté le contexte actuel de l'allaitement maternel en France. Ensuite nous nous sommes interrogés sur l'influence de l'entourage dans le choix de l'allaitement maternel, pour terminer vers un troisième chapitre sur les cognitions de la femme enceinte vis-à-vis du choix de l'allaitement maternel. Afin d'éclairer les raisons du faible taux et de la courte durée de l'allaitement maternel en France, nous avons réalisé quatre études : (1) une première étude nous a permis d'explorer les attributions faites par une population mexicaine quant au choix de l'allaitement maternel et les comparer aux attributions faites par une population française ; (2) une deuxième étude a analysé le classement des croyances erronées qu'une population de jeunes français a conféré à l'allaitement maternel ; (3) une troisième étude a porté sur l'expérience subjective des femmes pendant qu'elles traversaient l'expérience de l'allaitement. Nous nous sommes intéressés à leur vécu personnel et à l'évaluation de leur intolérance à l'incertitude, à leur acceptation inconditionnelle de soi, aux croyances rationnelles et irrationnelles qu'elles portaient sur l'allaitement et à leur confiance en elles durant l'allaitement (sentiment d'auto-efficacité). Finalement, (4) une quatrième étude a permis de faire une analyse fonctionnelle du choix de l'allaitement maternel en s'appuyant sur 24 entretiens semi-directifs. L'allaitement a pu être analysé selon les éléments suivants : l'anticipation, la situation, les émotions, la signification personnelle, les comportements ouverts, les cognitions, l'entourage et l'imagerie. Les résultats montrent, respectivement dans les quatre études : (1) des différences inter-individuelles vis-à-vis des attributions faites quant au choix de l'allaitement ou du non- allaitement, (2) des croyances erronées largement répandues parmi une population de jeunes français, (3) de nombreux obstacles au bon déroulement de l'allaitement maternel pourtant surmontés par la satisfaction de voir son enfant grandir, considéré comme « valorisant » par les mères, et (4) la diversité des motivations dans le projet d'allaitement qui nous permet de constater qu'il n'y a pas de prototype de la femme allaitante : les mères qui allaitent viennent d'horizons différents et ont des idées diverses sur ce que représente l'allaitement pour elles. En conclusion, l'allaitement maternel est un sujet générateur d'un discours très vaste, témoin de sa complexité et de la nécessité d'en débattre.