Le volcanisme intraplaque dans le Pacifique central : apport de la gravimétrie spatiale
Auteur / Autrice : | Cécilia Cadio |
Direction : | Michel Diament |
Type : | Thèse de doctorat |
Discipline(s) : | Géophysique |
Date : | Soutenance en 2010 |
Etablissement(s) : | Paris 7 |
Mots clés
Résumé
L'origine du volcanisme intraplaque est encore mal connue et reste largement discutée. Les questions portent notamment sur l'origine, soit purement thermique, soit thermochimique, des processus responsables, ainsi que sur leur profondeur d'origine. De plus, la lithosphère, bien souvent déterminante dans l'expression du volcanisme en surface, rend parfois difficile l'interprétation directe des observables de surface en terme d'activité mantellique. Dans cette thèse, nous étudions dans un premier temps, la structure profonde du manteau sous le Pacifique central, région marquée par la présence de nombreuses chaines volcaniques. Pour cela, nous utilisons principalement les récentes données d'une qualité sans précédent issues de la mission gravimétrique GRACE et les modèles de dômes thermochimiques oscillants issus des expériences en laboratoire. Une analyse multi-échelle du géoïde, permettant de séparer efficacement les différentes composantes, souligne deux anomalies à grandes échelles : la première, bien connue, est négative et recouvre la Polynésie française, la seconde est positive et située à 600 kilomètres à l'est des îles de la Ligne. Nous l'appliquons également au géoïde calculé à partir des modèles de dômes thermochimiques oscillants. La comparaison, échelle par échelle, entre les géoïdes observés et synthétiques révèle que ces instabilités thermochimiques expliquent très bien les anomalies observées et constituent de bons candidats pour l'origine du volcanisme en présence, actuel (Polynésie française) et passé (les îles de la Ligne, Shatsky Rise et Darwin Rise). Nous apportons également des contraintes sur la densité et la limite supérieure des dômes. Dans un second temps, nous nous intéressons à l'interaction entre un panache mantellique et la lithosphère océanique, en nous attachant essentiellement à l'exemple du point chaud d'Hawaii. Une nouvelle méthode de calcul d'admittance et de cohérence en ondelettes, nous permettant d'accéder aux variations spatio- fréquentielles du rapport géoïde sur topographie sur le bombement hawaiien a été développée. Les résultats obtenus, qui rejoignent les récentes observations sismiques, témoignent d'un amincissement progressif de la lithosphère en s'éloignant du point chaud. Ces observations combinées à des études de convection indiquent que le bombement hawaiien serait en grande partie supporté dynamiquement par un panache mantellique. Toutefois, la partie centrale du bombement, réchauffée par le matériel du panache, serait le siège d'une convection secondaire à plus petite échelle, capable d'éroder significativement la lithosphère.