Identification des altérations génétiques impliquées dans la tumorigénèse méningée chez l'homme
| Auteur / Autrice : | Stéphane Goutagny |
| Direction : | Michel Kalamarides |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Bases fondamentales de l'oncogénèse |
| Date : | Soutenance en 2010 |
| Etablissement(s) : | Paris 7 |
Mots clés
Résumé
Les méningiomes représentent environ le tiers des tumeurs primitives du système nerveux central. La classification OMS regroupe les méningiomes en trois grades prédictifs du risque de récidive. Les méningiomes de grade I constituent 75-80% des cas et sont des tumeurs bénignes à croissance lente. Vingt à trente pourcent sont des grade II au risque de récidive plus élevé. Les grade III représentent 2-3% des méningiomes et sont associés à un mauvais pronostic. Le traitement repose avant tout sur la résection chirurgicale, parfois associée à la radiothérapie. Aucune chimiothérapie efficace n'est disponible. Le principal facteur de prédisposition est la Neurofibromatose de type (NF2). Près de la moitié des patients NF2 sont porteurs de méningiomes, volontiers multiples Environ 2/3 des méningiomes sporadiques présentent au niveau somatique une inactivation biallélique du gène suppresseur de tumeur NF2. Pour 1/3 des méningiomes, le ou les gènes impliqués dans l'initiation de la tumorigenèse sont encore inconnus. Les objectifs de ce travail de thèse étaient doubles : identifier les facteurs génétiques associés à la progression maligne des méningiomes, et identifier des voies alternatives d'initiation de la tumorigenèse méningée. Nous avons analysé les altérations génétiques associées à la progression maligne en comparant un méningiome avec sa propre récidive de plus haut grade dans une série de 36 méningiomes appariés. Aucune région n'était altérée de manière récurrente lors du passage d'un grade I à un grade II. Parmi les régions récurrentes altérées lors du passage à un grade II ou III, l'altération la plus fréquente était la perte de CDKN2A/CDKN2B en 9p. A noter, la majorité des altérations n'apparaissaient pas lors du passage à un grade II ou III, mais étaient déjà présentes dans l'échantillon de plus bas grade. Deux schémas d'altérations chromosomiques radicalement différents sont individualisés en fonction du statut NF2 de la tumeur. Les méningiomes avec inactivation biallélique de NF2 présentent une instabilité chromosomique alors que les méningiomes sans mutation de NF2 ont très peu d'altérations chromosomiques dans cette étude réalisée à l'aide de puces SNP pan génomiques à haute densité. Aucun gène ou mécanisme moléculaire n'a pu être identifié comme voie alternative de l'initiation tumorale mais des données bioinformatiques robustes ont été acquises et sont prêtes à être analysées. Nos travaux suggèrent qu'il est possible d'identifier par une analyse moléculaire les méningiomes à risque de progression. Une validation prospective de ces critères pronostiques est le prérequis à leur utilisation en pratique clinique.