Reconnaissance des visages, asymétrie hémisphérique et différences hommes / femmes
| Auteur / Autrice : | Ornella Godard |
| Direction : | Nicole Fiori |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Psychologie |
| Date : | Soutenance en 2010 |
| Etablissement(s) : | Paris 5 |
Résumé
Nos recherches visent à mieux comprendre les différences hémisphériques fonctionnelles liées au sexe au cours du traitement de l'information faciale. Cinq expériences comportementales et une expérience en électrophysiologie, utilisant la méthode des potentiels évoqués, ont été réalisées, portant sur un total de 132 femmes et 125 hommes. Dans une série de trois études comportementales, nous mettons en évidence certaines différences de traitement de I'information faciale entre hommes et femmes. D'une part, contrairement aux hommes, les femmes ne sont pas influencées par l'expression faciale pour traiter l'identité du visage. D'autre part, elles sont plus rapides que les hommes pour détecter un changement subtil au sein d'un visage lorsque celui-ci porte sur un aspect invariant (la distance inter-oculaire). Ces resultats suggèrent que les femmes ont de meilleures capacités, que les hommes, pour extraire les aspects faciaux invariants, ce qui pourrait expliquer, en partie, leur avantage dans certaines tâches de reconnaissance des visages. Par ailleurs, nous mettons en évidence, tant au plan comportemental qu'au plan électrophysiologique, une plus forte latéralisation hémisphérique droite chez les hommes que chez les femmes, cette asymétrie hémisphérique s'accompagnant d'un transfert inter-hémisphérique également asymétrique : le temps de transfert de l'information est plus rapide de l' hémisphère non spécialisé vers l'hémisphère spécialisé que dans le sens inverse. Les femmes témoignent d'un fonctionnement cérébral bilatéral, s'accompagnant d'un temps de transfert inter-hémisphérique symétrique. L'étude des ondes P100, N170 et N250 du potentiel évoqué révèle que ces ondes sont plus precoces chez les femmes que chez les hommes, cela ne se traduisant pas au plan de la vitesse de la réponse comportementale. Un modèle « série-parallele » est donc proposé pour rendre compte de l'organisation des étapes de traitement de l'information faciale chez les hommes et chez les femmes.